Retour en stop par l’Amérique (Partie 4/4)

Provinces maritimes et Terre-neuve

8 jours, 2060 km, 24 lifts + 2 ferrys

 

18 – 22 Juin : Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Edouard, Nouvelle-Ecosse

En entrant dans le nouveau Brunswick, j’adopte le réflexe des vendeurs d’Ottawa : je salue mon chauffeur d’un hello-bonjour et attends sa réponse pour savoir dans quelle langue m’adresser. En effet, dans cette province, 2/3 de la population est anglophone, le tiers restant est francophone. Une minorité francophone un peu oubliée du reste du Canada. Souvent, la position de minoritaire renforce le désir de partager sa culture, afin de préserver son identité. Maryse et Ronald font partie de ces gens-là. Au vu de mon plaisir à apprendre sur les différences et spécificités linguistiques, ils me parlent du chiac, ce dialecte parlé dans le nord-est de cette province, qui consiste en un pur et délicieux mélange de l’anglais et du français. On discute également gastronomie locale, je leur raconte mon plaisir du homard de la veille, en expliquant que chez nous c’est un mets onéreux. Ils m’apprennent alors que chez eux, pendant la saison, on peut même commander un Mac Lobster (homard) dans la célèbre enseigne de Fast Food américain. Ils insistent alors pour m’inviter dans un restaurant typique où l’on déguste une soupe de fruits de mer en se délectant du dialecte chiac parlé par les serveurs. Puis – comme avec toutes les rencontres éphémères – arrive trop vite le moment de se quitter, mais pas avant d’avoir échangé nos contacts et de s’être pris en photo devant le plus gros homard du monde !

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Ronald et Maryse, devant le plus gros homard du monde ;) Shediac, Nouveau Bronswick

Je suis amusée par le plaisir qu’ils ont à me voir curieuse et intéressée par leur culture. Ça aura été quelque chose de marquant tout du long des rencontres du voyage. Si on se sentait apporter à chaque fois une ouverture, une petite fenêtre sur une autre culture, j’ai remarqué que l’intérêt que l’on porte aux personnes que l’on rencontre est toujours le premier réel brise-glace. Essayer de parler la langue de l’autre, faire part de ce qui nous surprend chez eux, de ce que l’on apprécie, leur offrir un regard étranger et donc un certain recul sur ce qu’ils sont, leur permet d’assumer une certaine fierté de leur identité. On ne s’en rend pas toujours compte mais j’ai l’impression qu’on a chacun en nous un attachement sincère et profond à ses racines. Ce voyage me fait aussi réaliser la difficulté du déracinement, me fait prendre conscience de tout ce que cela implique d’adopter une autre culture.

Cap maintenant sur l’île-du-Prince-Edouard. A Charlottetown, je suis accueillie chez Andy. Andy est typiquement le genre de personnes que j’aimerais rencontrer si je décidais de m’installer dans un pays étranger. Il m’accueille et m’intègre directement à sa ville, à son cercle, à sa vie quoi. Je rencontre toute une brassée de gens, des plus locaux au plus exotiques, qui tous partagent le même désir d’œuvrer à un monde meilleur, avec la conviction que l’en agissant chacun à sa portée, on peut faire de grandes choses. Deux jours avec cette bande de trentenaires citoyens du monde donnent de l’espoir, et me chargent en bonnes ondes !

J’étais entrée sur l’île par un pont, je la quitte en bateau. Et c’est un pêcheur qui me conduit jusqu’au port. Il me raconte son quotidien qui me fascine. Je rêverais d’expérimenter pour une journée sa vie de pécheur. Il me laisse son contact en me promettant de m’emmener en mer si je reviens le voir. Si  ce nomadisme me plait, et que je trouve dans les rencontres éphémères une part certaine de magie, je ressens aussi que la précipitation du retour apporte son lot de frustration. Toutes ces invitations auxquelles je ne peux donner suite me donnent des envies différentes de voyage. J’aimerais que le prochain se laisse plus guider par le hasard des rencontres que par l’amour des cartes et de la géographie. Bien que j’ai changé de moyen de transport, je suis restée dans le même état d’esprit que lorsque j’étais à vélo, attachée en priorité à la beauté de l’itinéraire. Ceci-dit je sens que le stop peut vraiment offrir des choses différentes et je brûle d’envie d’exploiter pleinement ce que peut offrir ce mode de voyage.

Après une rapide traversée, j’accoste en Nouvelle-Ecosse, dernière des provinces maritimes. Comparées au milieu du Canada, les distances entre les villes sont bien moindres, mes trajets par conséquents bien plus courts. Je me retrouve donc tous les quarts d’heure de nouveau à tendre le pouce sur le bord de route. J’attends jamais bien longtemps mais à chacune de mes attentes, je me fais re-dépasser par une bande de motards qui me saluent gaiement à chaque fois. Après mon quatrième trajet, je profite d’être déposée devant Tim Horton (la chaîne de cafés que l’on trouve partout d’un bout à l’autre du pays) pour m’accorder une pause café. Il se trouve par hasard que la bande de motards a la même idée. Ils semblent enthousiastes de me retrouver cette fois à l’arrêt, et de pouvoir ainsi aborder la conversation. Les questions fusent dans les deux sens, c’est toujours une joie d’échanger sur notre plaisir du voyage. Tout comme moi, ils se rendent à Sydney, sur la pointe nord de la province. Il ne leur faut pas bien longtemps avant de me proposer de m’embarquer. L’idée de m’initier au moto-stop n’est pas pour me déplaire, l’excitation domine à l’appréhension, et je ne leur cache pas. Ni une ni deux, voilà mes bagages accrochés sur le dessus d’une remorque, on me tend une veste et un casque, et j’enfourche à l’arrière d’une Harley Davidson derrière un sexagénaire au vrai look de motard, le sourire aux lèvres ne masquant pas mon plaisir si particulier lié à la magie des premières fois. Voyager, c’est faire de son quotidien une succession de premières fois. Depuis longtemps obsédée par la crainte de la routine, je comprends mon goût pour le voyage !

A Sydney, je loge chez Christiane, étudiante allemande qui effectue un semestre au Canada. On partage le même plaisir pour les langues étrangères et notre conversation mélange malhabilement mais délicieusement les trois langues. Une de ses colocs fait son mémoire en sociologie sur l’auto-stop. Pour elle, je tombe à pic, quant à moi je me prends avec plaisir au jeu de l’interview.

En souvenir de la nuit dans le ferry qui nous avait menés d’Italie à l’Albanie, où un terrible mal de mer m’avait un peu gâché la traversée, je suis prévoyante et passe en pharmacie. La pharmacienne me prévient, les comprimés sont efficaces mais ont des effets secondaires : ils font dormir. Puisque je prends le bateau de nuit, et sans couchette, je me dis que ça me convient, au moins je m’endormirai plus facilement. Aux premières nausées, j’avale donc le comprimé. Les nausées passent, et il ne faut pas beaucoup plus longtemps pour que je m’endorme. Je me réveille au bout de plusieurs heures de sommeil, il fait encore nuit, mais vu l’heure je me dis que le soleil ne devrait pas tarder et que je vais pouvoir profiter du lever du jour. Malheureusement les nausées reviennent, alors je me laisse de nouveau tenter par le confort que m’apporte le comprimé. Plus de nausées, mais de nouveau endormissement rapide, je loupe donc le lever de soleil. Le bateau arrive à destination, et le remue-ménage ambiant finit par me réveiller. Cependant, je suis toujours sous effet, et je quitte le bateau en mode zombi… Je pensais qu’on accosterait dans un village, mais on est en fait un peu à l’écart, le bateau est probablement trop gros pour entrer jusque dans le vieux port. Je me retrouve donc dans un immense parking pas des plus accueillants, mais j’essaye tant bien que mal de tenir debout et de me lancer à la recherche d’un chauffeur. Le temps que j’émerge, la plupart des passagers sont déjà partis, je m’empresse donc de rattraper les dernières personnes qui rejoignent leur voiture pour leur faire part de ma quête. Mon esprit n’est pas encore vraiment réveillé, et ma requête sans doute pas des plus claires. Mais la première personne à qui je demande se montre tout à fait compréhensive et anticipe de lui-même les réponses aux questions que je ne parviens pas à poser. Il s’apprête à traverser l’île dans la journée et me propose naturellement de m’emmener.

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Terre Neuve

1080 km, 4 jours, 8 lifts.

Six heures de route à côté de Mike vont nous laisser le temps de nous connaître. Il a 36 ans, deux enfants de 4 et 5 ans, mais est séparé depuis un an. Il se rend à l’autre bout de la Terre Neuve pour son travail, il est soudeur sur une plateforme pétrolière offshore. Au-delà des questions du rythme de vie qu’implique un tel emploi, on évoque les questions de valeurs et de morale, de l’impact de notre conscience dans notre choix de travail, de comment on parvient à (sur)vivre en restant en accord avec nous-même dans un monde régi par des lois qui nous dépassent. Au fil des heures, la confiance s’installe et on ose se laisser aller à plus de confidences. Mike a connu une jeunesse difficile, et après plusieurs centaines de kilomètres parcourus ensemble, il en vient à m’avouer qu’il a fait un an de prison, pour cause de conduite en état d’ivresse. Il ne s’étale pas sur la cause de la sentence, mais me raconte la dure réalité de la prison, et comment ça l’a transformé. Comment il a réussi à s’en sortir, et comment sa conduite est dorénavant exemplaire, plus jamais il ne veut y retourner. Je repense au gardien de prison Ouzbek avec qui j’avais partagé un bout de route de l’autre côté du continent, et je trouve amusant de finir ma traversée en écoutant le point de vue venant de l’autre côté de la cellule. La position d’auto-stoppeuse implique l’ouverture sur l’autre par le respect que l’on doit implicitement à celui qui nous rend service. Et mettre un visage, une personne, un humain derrière chaque histoire nous fait dépasser nos préjugés et craintes sans même avoir à en faire l’effort.

Au hasard de mes recherches CouchSurfing, je découvre qu’à Saint John’s, tout à l’est de la Terre Neuve, on peut voir des icebergs. A la fin de l’hiver, avec le réchauffement, des blocs se brisent et dérivent, passant au large de la ville. Les photos sont impressionnantes, je m’empresse alors de me renseigner sur l’exactitude de la période. Il semblerait malheureusement que ce soit déjà trop tard pour St John’s. Il me reste cependant une chance d’en voir, en me rendant dans le nord de l’île, en passant par le bourg de Lumsden. C’est une toute petite route qui conduit jusque là, desservant seulement quelques minuscules villages isolés. Mais j’ai acquis une confiance inébranlable en l’auto-stop, tout me semble possible, je veux donc tenter le tout pour le tout dans l’espoir d’apercevoir pour de vrai un de ces géants de glace. Je quitte donc Mike quelques centaines de kilomètres avant St John’s pour m’enfoncer dans ces terres boréales. J’arrive effectivement sans trop de difficultés jusqu’au village de Lumsden, malgré la faible densité de véhicules. J’avance en petits sauts de puce, de village en village, et suis prise dans l’ordre par un cinquantenaire en décapotable, un tout nouveau papa dont le bébé est né cinq jours auparavant mais deux mois trop tôt – une petite Adèle qui finit de grandir en couveuse à la capitale – , trois joyeux octogénaires qui rentrent à leur maison de retraite, un homme de Montréal parlant français, et deux jeunes hommes s’en allant à la pêche au saumon. Le soleil se couche, j’aurais aimé que mon dernier trajet se solde par une invitation à dormir, hélas il n’en n’est rien. Peut-être devrais-je continuer à avancer, mais plus aucune voiture à l’horizon. Le village présente un urbanisme peu propice à demander l’hospitalité. Des maisons type pavillonnaires les unes à côté des autres, étalés le long de la route sans créer de véritable bourgade. Pas de cœur de village où l’on pourrait aborder les gens dans un café ou autre lieu rassembleur. Les maisons trop proches les unes des autres pour pouvoir espérer profiter de l’hospitalité liée à l’isolement. On ne voit même pas la mer, le village ayant été construit un peu à l’abri dans les terres. Donc pas vraiment de zone sauvage non plus pour envisager le bivouac sereinement. D’autant plus qu’il commence à faire bien froid, et je sais pertinemment que mon équipement n’est pas suffisant pour m’assurer une bonne nuit.

Je prends donc mon courage à deux main et vais frapper à la porte d’un pavillon. Une femme ouvre, m’écoute distraitement et me renvoie brièvement. On a beau avoir connu un certain nombre de rejets tout au long de notre voyage, je ne me suis jamais habituée à cette image de frayeur que je renvoie. La difficulté ne s’est pas atténuée avec la pratique. Mais lorsqu’on était deux, on se motivait mutuellement, c’était chacun son tour qui faisait l’effort d’aller demander à la maison suivante, jusqu’à ce que ça finisse par marcher. Ce soir-là, je ressens fortement la difficulté à être seule. J’ai besoin d’un soutien, mais je n’ai personne sur qui me reposer. Je n’ai donc pas d’autre choix que de trouver moi-même la force de continuer. Je marche un peu plus loin, prends sur moi, et réitère. Je sonne, je vois quelqu’un par la vitre approcher, me regarder puis faire demi-tour. J’attends un peu, me disant qu’il va peut-être consulter quelqu’un d’autre avant d’ouvrir, mais rien. Je repars penaude et continue mon chemin. Le sentiment de faire peur aux gens de ma propre espèce est un sentiment que j’ai vraiment du mal à accepter. Je déteste cette image que je renvoie. Si chaque rencontre qui me renvoyait une image très positive de moi-même me gonflait toujours d’une énergie incommensurable, il suffit d’une rencontre qui me renvoie l’image inverse pour me faire perdre toute confiance en moi. Alors tant pis pour le froid, je pars à la recherche d’un endroit où poser la tente, loin de ces gens qui ont peur de moi.

J’avance la boule au ventre et les larmes aux yeux, toujours pas de voiture sur la route, et toujours des maisons en continu. Non pas que ça s’étale sur des dizaines de kilomètres, mais avancer le cœur lourd, à pieds avec un gros sac sur le dos, dans le froid qui surgit à la nuit tombante, donne l’impression que ça ne finira jamais. Au bout d’en fait seulement quelques minutes qui m’ont paru une éternité, apparaît une maison qui semble être un lieu public. Sur le fronton est inscrit « Merry Meeting Senior Citizens center ». J’aperçois derrière un petit jardin qui pourrait peut-être faire l’affaire. A tout hasard, je tente d’ouvrir la porte. Et Bingo, c’est ouvert ! « Hello! » Je réitère, plus fort « Hello! Anybody’s here? » Pas de réponse. Il fait bon, il fait chaud. L’atmosphère est douillette, je ferme la porte, pose mon sac à dos, et fais le tour des lieux. Royal, tout ce qu’il faut pour passer la nuit. Je me sens comme Boucle d’Or ! Je m’installe dans un fauteuil, sors mon carnet et commence à retracer ma journée. Ah, le carnet, compagnon indispensable dans les moments difficiles de voyageur solitaire. Je me plonge dans le réconfort de l’écriture, quand soudain la porte s’ouvre et entrent deux petits vieux. Effrayée par l’idée de leur faire peur, je me lève et les salue, d’un sourire que je veux le plus amical possible pour tenter de les rassurer. Ben pas peureux pour un sous ces seniors ! A peine semblent-ils surpris de trouver une inconnue dans leur maison. Ils semblent même plutôt ravis d’avoir un public pour leur partie de quilles hebdomadaire ! Ils m’invitent à prendre place face à la piste, aux meilleurs loges pour jouir du spectacle ! Après la très sérieuse compétition, je leur explique mon voyage, et fais part de mon désir de passer la nuit ici pour être au chaud. Sans même se concerter, Olive et Boyce me proposent plutôt de venir passer la nuit chez eux, dans un vrai lit, après un bon dîner.

Après une nuit dans un bon lit douillet, je descends prendre mon petit déjeuner avec Olive et Boyce qui me reçoivent vraiment comme si j’étais leur petite-fille. Le matin, ils refusent de me laisser repartir toute seule, et tiennent absolument à m’emmener faire un détour pour essayer d’aller voir des icebergs.

Tout comme les bélougas du St Laurent, la photo qui suit ne dévoile guère plus qu’une mini tache blanche, mais représente pour moi beaucoup d’émotion. Certes ce n’est pas les photos que j’avais vues sur internet mais ce sont de véritables icebergs que je vois à l’œil nu, et ça, c’est impressionnant ! Olive est tout de même déçue pour moi, sachant que la semaine précédente, elle admirait ces colosses depuis la fenêtre de sa cuisine ! Moi je suis comblée par ces icebergs lointains, et plus comblée encore par la rencontre que je viens de faire.

Il insistent pour me ramener jusqu’à la route principale, et je dois avouer que je refuse par politesse mais sans grande ardeur, tant la circulation est réduite au néant. On s’arrête à la station service au niveau de la jonction avec la grand route, pour profiter des toilettes avant de repartir. En nous attendant, Boyce retrouve des voisins à la station, ils leurs demandent où ils vont, et – les pauvres – ils ne leur laissent pas vraiment d’autre choix que de me prendre ! Malheureusement je ne vais pas être de très bonne compagnie tant je me sens fébrile. Depuis le bout de la Nouvelle-Ecosse, je ne me sens pas en grande forme, et malgré tout le réconfort de cette hospitalité, je me suis réveillée à l’aube la tête lourde, en tremblant et claquant des dent. Avec cette histoire de tique que j’ai gardée sur l’épaule plusieurs jours durant, je ne suis pas tranquille. Les symptômes ressemblent à ce que le docteur d’Ottawa m’avait justement dit de surveiller. C’est peut-être juste un coup de froid allié aux angoisses, mais je vais tâcher d’aller voir un médecin à St John’s pour faire le deuxième test prévu. Par chance, mon hôte CouchSurfing est bienveillant et compréhensif, et je sais aujourd’hui que je lui dois une reconnaissance particulière. Je réalise après coup que lors d’un voyage au long cours, parce qu’on n’est pas toujours au top de notre forme, physiquement et moralement, je n’ai malheureusement pas été toujours à la hauteur de ce que j’estime que l’on était en droit d’attendre de moi, inconnue que l’on reçoit volontairement. Les rencontres que l’on fait dans ces moments là ne sont pas forcément les plus marquantes, mais elles sont tout autant (et voire même plus !) essentielles à la réussite de notre projet.

Me voila de nouveau au bout du bout, face à l’horizon. Plein vent, au cœur des éléments, les caps sont vraiment pour moi des endroits propices à la rêverie, à l’évasion. Un peu comme du haut d’un sommet, c’est le genre d’endroits où l’on comprend la géographie : on voit la carte prendre vie sous nos yeux. Depuis un sommet, la vision à 360° nous offre l’agréable satisfaction de nous donner à voir le chemin parcouru et d’envisager celui à venir. Le cap, quant à lui, nous offre un panorama beaucoup plus mystérieux. La majeur partie de notre champ de vision est remplie par l’océan. Une étendue d’eau qui se termine en une ligne d’horizon marquant une limite plus ou moins claire avec le ciel. Je me mets dans la peau des premiers grands explorateurs, à l’époque où le monde n’était pas encore dessiné. Prendre le large, s’embarquer vers cette horizon inconnue qui semble infinie… Quelle émotion cela devait-il procurer ? Aujourd’hui, on sait ce qu’il y a de l’autre côté. Face à la mer, je regarde l’horizon avec une pointe d’excitation. En face se trouve le vieux continent. L’Europe. Mes racines, que j’ai quittées voilà plus de deux ans, en partant vers l’orient. Cap que j’ai globalement maintenu et qui est sur le point de me ramener chez moi. Je m’envole demain plein Est. Je m’apprête ainsi à réaliser un rêve d’enfance qui était de partir de chez moi d’un coté et d’y revenir par l’autre, expérimentant par moi-même ce fait maintenant bien établi mais qui a toujours eu une saveur spéciale à mes yeux : la Terre est ronde.

5 Responses to Retour en stop par l’Amérique (Partie 4/4)

  1. Deplanques Michel says:

    Bonsoir Sarah ça fait plaisir de te lire et te relire j’aime tes récits tu en rencontres du monde et ils sont agréables avec toi tu fais du bateau de la moto de la voiture c’est quand le patin a roulettes ((( rire ))
    je te fais la bise
    Michel

    • Sara says:

      Merci Michel, ça me fait plaisir de voir que tu continues à me lire, et à apprécier ! Merci beaucoup. Le patin à roulettes je ne sais pas, mais si je retourne par là-haut en hiver, j’adorerais m’initier au patin à glace sur les canaux gelés !

      • Deplanques Michel says:

        Bonsoir si jamais tu le fais tu nous donnes tes impressions ,fait le temps que tu peux après il sera trop tard je sais de quoi je parle j’avais rêvé de faire le tour du Mont Blanc de faire un saut a l’élastique au dessus d’un pont ,j’ai quand même sauté en parachute ((tu peux constater que c’est moins impressionnant que ce que tu as fait )) j’ai toujours remis et maintenant c’est trop tard je n’ai plus l’âge
        Gros Bisous …
        Michel

      • michel Deplanques says:

        Bonjour Sara
        Mes Meilleurs Vœux pour cette nouvelle année et la réalisation de tes rêves
        Gros Bisous

        Michel

        • Sara says:

          Merci Michel, très belle année à toi aussi, qu’elle t’offre l’inspiration nécessaire pour inventer de nouveaux rêves qui donnent l’envie de continuer à avancer sur ce chemin de la vie qu’on n’a pas choisi, mais maintenant qu’on y est, autant tout faire pour le rendre joli !

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