Retour en stop par l’Amérique (Partie 3/4)

9-18 juin : Traversée du Québec via le tour de la Gaspésie

9 jours, 1590 km, 37 lifts + 1 ferry

 

20150614_090901

Arrivent alors pour de bon les retrouvailles avec ma langue native. Je fais mon entrée dans la province au côté de Damien, quarantenaire québécois. Ça me fait tout drôle de parler français. Enfin…. français… je devrais plutôt dire québécois. Rien qu’en écrivant ces lignes, je me remets à penser dans cet accent que je trouve si charmant ! Damien reconnaît évidemment tout de suite que je viens de France, lui aussi se délecte de la diversité de la francophonie : sa nouvelle femme vient de Belgique. La fin de sa précédente relation n’avait pas été facile pour lui, sa première femme étant partie après vingt-cinq ans de mariage. Mais il est heureux maintenant. Les relations sont claires et harmonieuses, l’ex-mari de sa nouvelle femme est même maintenant devenu son meilleur ami. Je me plonge dans chaque histoire avec un plaisir sincère. Tout ce que j’entends me fait réfléchir à ce que moi-même je suis en train de vivre. Avec les questions qui arrivent naturellement, toujours dans le même ordre, mon conducteur apprend vite que je termine ce voyage seule après l’avoir vécu si longtemps à deux. Pourquoi ? Le sujet est lancé, et je réalise vite que tout le monde est concerné. A tout âge. Comment vit-on le couple aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’on attend de cette relation ? Pourquoi l’amour parfois cesse ? Pourquoi choisit-on de continuer ou de renoncer ? Comment cela peut nous gâcher la vie et comment on fait pour se relever. Comment c’est dur l’amour, mais comment on y tient, toujours. Comment on a envie d’y croire, encore et encore. En parler, et écouter, sans juger, ça fait du bien. A tout le monde. Une auto-stoppeuse, naïve et exotique, qui prend place sur son siège passager, c’est une inconnue dont on aurait pu se méfier mais dont on a fait le pari d’y accorder notre confiance. Dès lors, cela devient une oreille qui invite à la confidence. Un exotisme dont on ne craint pas le jugement, une personne à l’écoute mais qui ne fait que passer, qui ne risque pas de répéter. Une personne vulnérable à qui on rend service, et dont le moindre des respects en retour est d’accorder une oreille attentive et bienveillante. Une auto-stoppeuse c’est gratuit, pas comme un psy. C’est pas un voisin qu’on ennuie. C’est presque un semblant d’ami quand tous les siens ont fui. J’ai aucune idée aujourd’hui de ce qu’est devenue la majorité de mes conducteurs. Ils sont possiblement nombreux à m’avoir oubliée. Et sans mes notes sur mon carnet, j’en aurais hélas oublié un certain nombre aussi. Mais lors de la rencontre, je suis présente à cent pour cent, avec l’impression forte et sincère que l’on est tous deux en train de vivre une rencontre marquante, qui nous fera avancer.

Première halte à Montréal, où je me délecte de chaque écrit dans la langue de Molière. Montréal m’accueille avec le soleil, et je dois dire que j’apprécie cette ville cosmopolite dynamique alliant patrimoine et modernité, verdure et urbanisme dans un équilibre agréable. Après les promeneurs de chiens de San Francisco, je me surprends à découvrir ici les promeneurs d’enfants, accrochés à plusieurs en laisse exactement de la même manière. Sécurité oblige ? Étrange… Je rencontre le temps d’une soirée une amie de ma sœur. J’en découvre donc un peu plus sur Montréal du point de vue de l’expatriée française, autour de ma première poutine, la « meilleure » de la ville !

Avec mon entrée au Québec, ce sont aussi les femmes qui entrent en jeu. Sur soixante-six conducteurs de San Francisco à Ottawa, seulement quatre étaient des femmes seules (dont une que j’avais rencontrée la veille). Et sur les dix trajets qui me mènent de Montréal à Québec, je compte aussi quatre femmes ! Hasard ou différence de mentalité dans cette région francophone d’Amérique ? Quoi qu’il en soit (et peut-être parce qu’on est le 8 mars au moment où j’écris ces mots !) je ressens l’envie de leur rendre hommage, en parlant de chacune d’elle, même si cela échappe un peu à une cohérence proportionnelle à  la distance parcourue que j’essayais de tenir !

Il y a eu Diane, 50 ans, trop contente parce que c’est la première fois qu’elle prend une pouceuse (auto-stoppeuse) ! Elle est toute euphorique parce qu’elle part bientôt en Jamaïque. Elle part avec son nouveau copain, son mari l’ayant quittée après vingt-cinq ans de mariage (hommes, femmes, mêmes combats…) « Oh, c’est pas le même genre de voyage, hein, avion, hôtel, etc. Je suis pas aussi courageuse que toi ! » Cela me fait plaisir d’être vue comme courageuse plutôt qu’inconsciente. J’ai été effectivement surprise d’être globalement très peu prise par les femmes, alors qu’en France, de ma petite expérience, ce sont très souvent des femmes qui me prenaient, par crainte de ce qui pourrait m’arriver si j’étais prise par un dégénéré. Même si c’est rassurant d’être prise par une femme, je trouvais ce discours moralisateur pas des plus agréables. Ces femmes qui me prennent au Canada n’ont aucune remarque dans ce genre. Il y a même eu Julie, mère de cinq enfants, dont la seule réaction était un bonheur intense à voir que je réalise mon rêve, elle me remercie en me déposant. Sophie, 31 ans, qui a beaucoup voyagé étant plus jeune. Elle a elle-même traversé le Canada en stop et en solo. Elle est quasi arrivée chez elle quand elle me voit sur le bord de la route, mais elle ne peut résister à l’envie de s’arrêter ! Elle me propose du coup de venir prendre un petit thé avant de reprendre ma route. Proposition qui ne se refuse évidemment pas. Petit brin de femme pleine de vie, Sophie vit heureuse avec son mari et ses deux filles, elle a su choisir ses priorités pour trouver l’équilibre qui lui convient afin d’atteindre son bonheur, entre sa vie professionnelle, ses passions, et son désir de vie de famille. Elle me fait visiter les environs, me parle de ses loisirs hivernaux bien québécois, et je me prends à rêver de revenir la voir en hiver, pour aller patiner ensemble sur les canaux gelés :) Elle ne me laisse pas repartir sans que je trouve une place dans mon sac pour une can (conserve) de sirop d’érable, de la cabane à sucre où travaille sa mère. Kate, maman d’un petit garçon de trois ans, à l’accent québécois rural bien prononcé, est trop contente de me prendre et d’apprendre que je termine un tour du monde. Ses yeux s’écarquillent et ses exclamations n’en finissent plus, à chacune de mes réponses. On rencontre tant de voyageurs au long cours aux projets plus incroyables les uns les autres, lorsque l’on prend la route, qu’on en finit par oublier que l’on vit quelque chose d’exceptionnel aux yeux de nombreuses personnes. Elle ne va pas bien loin, mais m’invite chez elle pour me présenter à son fils, sa mère, son copain et toute la famille ici présente, et me rembarque finalement pour quelques kilomètres de plus, juste pour le fun. Son excitation me fait sourire et m’émeut. Je me sens évidemment flattée et cela me regonfle d’énergie.

Parmi mes autres chauffeurs sur ce tronçon, il y a eu cet homme dont le bébé est né la veille, il revenait de la maternité pour aller nourrir ses chiens, et prendre le siège-auto pour repartir le soir avec sa femme et son petit Eliott. Il est trop heureux, trop ému, il veut partager son bonheur, et me donne deux becs (me fait la bise) en me déposant sur le bord de route. Rencontre courte mais marquante, je trouve vraiment beau ce désir de vouloir partager son bonheur. Mon dernier conducteur a trente ans, une formation de charpentier-menuisier, et sa job (comme ils disent là-bas) actuelle consiste à monter des clôtures… et il trouve l’idée de clôturer son terrain vraiment débile !

En dehors de la vie sentimentale, les choix professionnels sont également des sujets de conversation récurrents. J’aime découvrir tant de choses de l’intérieur, comprendre les coulisses de notre vie, tant de travaux insoupçonnés qui œuvrent au bon(?) fonctionnement de notre société. Notre monde actuel est composé d’experts. On se spécialise pour être plus compétent, on connaît donc son domaine de manière incroyablement pointue. Et a contrario, cela crée en conséquence un domaine énorme d’ignorance. C’est un terrain d’apprentissage sans limites qui commence dès le pas de porte de notre voisin. L’exemple qui m’avait le plus impressionnée en matière de spécialisation était cet homme qui travaillait dans l’animation de bouches de créatures 3D. Plus de cent formes de bouches différentes pour rendre crédible la parole de ces créatures ! Et même sans être autant spécialisé, on est loin de s’imaginer tous les métiers qui existent au-delà des classiques paysan – coiffeur – boulanger – docteur – instituteur. Le job le plus inattendu que j’ai découvert consiste à fournir les bureaux de tabac en tickets de loterie. Le boulot de mon chauffeur consistait également à rencontrer les grands gagnants pour leur remettre leur chèque. Notre conversation a alors pris des tournures de « et toi, que ferais-tu si tu avais un million? » J’ai été également impressionnée par le gardien de prison et le vigile de casino qui a longtemps été garde du corps de personnes célèbres ! J’ai été évidemment séduite par le jeune garde-côte, qui a rencontré sa copine en lui « sauvant la vie ». Les mineurs qui travaillent dans le grand nord, ou les pêcheurs du large m’intéressent particulièrement pour l’impact que leur choix de job a sur leur choix de vie. Un mois isolés du reste, enfermés entre mâles, puis un mois à la maison, à profiter de femmes et enfants. Un équilibre qui bien souvent leur plait.

J’aime voir les choix que les gens font, leurs priorités, et je n’en finis pas de m’interroger sur ce que je compte faire en rentrant, sur ma vision du travail, sur le peu de place que j’aimerais lui accorder dans ma vie, mais sur sa fatale nécessité. Cette traversée est une vraie introspection.

A l’heure de Google et Wikipedia, l’accès à la connaissance n’a jamais été aussi facile. Mais en ce qui me concerne, l’apprentissage par la rencontre et par le vécu reste pour moi le plus plaisant, et par conséquent le plus efficace. Interactif, j’ai les réponses directes à mes questions. Subjectif bien-sûr, mais une subjectivité qui a le mérite d’être assumée et explicite. Je rencontre des points de vue qui s’opposent, avoir un esprit critique devient alors chose plus aisée. Notamment au sujet de l’indépendance du Québec par exemple. C’est amusant d’entendre les Québécois plaider leur cause quant à leur désir d’indépendance, après avoir entendu tant de Canadiens les ridiculiser sur ce point de vue.

Puis j’arrive à Québec.
Québec est une charmante petite ville, avec une bonne dose de patrimoine relativement au pays. Ce qui m’a évidemment bien plu, même si deux ans après mon passage je reconnais que mes souvenirs de rencontre sont – une fois encore – plus présents que ceux de ma découverte de la ville.

Je suis accueillie chez Joe, qui – comme nombreux Couchsurfeurs – accorde une confiance aveugle à tous les gens de la communauté. Il me laisse un message : « J’arriverai pour le souper (dîner), mais viens quand tu veux, le condo (appartement que je loue) n’est pas barré (fermé à clef). »  Joe est vraiment un chouette type, et j’ai tout pour passer une super soirée avec des gens de ma génération, et nombreuses convictions communes. Soirée dans une brasserie où l’on peut déguster une variété incroyable de bières… Malheureusement à cette époque je n’y connais encore rien, et j’ai un peu de mal à apprécier simplement, tant je me sens toute gauche à rien n’y connaitre. Toujours ce sale complexe d’ignorant. Mais je suis tout de même heureuse que Couchsurfing m’offre cette opportunité là. Etre accueillie par une seule personne, et savoir qu’il est dans le désir de nous rencontrer, aide grandement à sortir de sa zone de confort !

Je repars de Québec en compagnie de Joe et Eloïse. Ils prévoient de se rendre sur le pouce (en stop) jusqu’à Tadoussac, pour un festival de musique. Une ambiance de stop bien différente de ce que je connais. Leur enthousiasme à l’idée de se rendre jusqu’au festival de cette manière me fait sourire, et me rappelle que ce moyen de transport peut être vécu de manière un peu plus légère. Nous voilà tous les trois, lunettes de soleil, sourire jusqu’aux oreilles, et musique qui sort d’une petite enceinte portative, à tendre le pouce sur le bord d’une petite route de campagne. Ils me font découvrir des artistes québécois, on se commande une vraie poutine que l’on déguste au bord du Saint Laurent. (Oui oui oui, déguster est le bon mot lorsqu’on la mange avec Joe et Eloïse. Pour eux, la poutine, c’est tout un art !) J’hésite un peu à rester une nuit au festival, mais je décide finalement de continuer ma route.

Le traversier (ferry en français de France, vous l’auriez compris !) ne partira que le lendemain matin, je vais donc passer un agréable bivouac au bord du Saint Laurent, à guetter les baleines en regardant le soleil se coucher. Très belle soirée solitaire, en harmonie avec la nature environnante. Ça me fait du bien de me retrouver un peu avec moi-même, avec pour seules peurs celles du noir et du silence.

La photo suivante ne transmet sans doute pas grand chose en elle-même, mais pour moi elle a de la valeur. Elle me rappelle toute l’émotion que j’ai pu ressentir, à voir surgir ces tâches blanches des vagues. Dans l’attente et l’excitation de ce moment paisible, c’était bien plus qu’une tâche blanche. C’était bel et bien un béluga que je voyais surgir sous mes yeux, le cœur battant. Après des journées enfermées sur la route, ou à sillonner le bitume des villes, cette harmonie retrouvée avec la nature, l’émotion que l’on peut ressentir à être silencieux spectateur de la beauté de l’endroit, étaient magique.

De bon matin, je monte donc à bord du traversier, pour rejoindre la côte d’en face. Ces passages en bateau me procurent toujours un grand plaisir : j’aime avancer sur l’eau. Dommage que ce mode de transport ne soit plus si développé.

Je débarque à Trois pistoles, et la route n’est pas longue pour rallier Bic, le village de mon prochain hébergement. Un hôte original qui m’aura également marqué. Pierre-Luc, apprenti chaloupier passionné, vit dans un moulin à eau chez son maître de formation, Daniel, chaloupier confirmé bientôt retraité. Plaisir de transmettre pour l’un, fierté de continuer à perpétuer un savoir-faire en voie de disparition pour l’autre, Daniel et Pierre-Luc travaillent à la Marina, œuvrant à la réparation et (plus rare) fabrication de beaux bateaux de bois. Avec Pierre-Luc, défense de la langue française, partage de recette de tarte à la rhubarbe en déclamant de la poésie, promenade en monocycle au clair de lune, l’escale prend une tournure très onirique. Avec Daniel, l’échange est plus rustre. Vif et passionné, Daniel vit reclus dans son moulin, déteste et rejette en bloc les progrès de notre société. « Avec internet et téléphone, les gens sont accrochés à leurs écrans et plus capables de se rencontrer en vrai. » Je m’amuse en me présentant en preuve du contraire. Sans internet, beaucoup moins de chance que notre rencontre ait eu lieu. L’un n’empêche évidemment pas l’autre, il est sans doute nécessaire d’avoir conscience des limites et enjeux, mais peut-être dommage aussi de se priver de tout sans distinction. Discussion passionnelle et passionnée avec ce vieux loup de mer au cœur tendre, un peu braqué un peu borné, mais tout de même loin d’être un vieux con !

Le matin je me rends à la Marina pour tenter de revoir Pierre-Luc à l’oeuvre sur son voilier. J’aime cette ambiance particulière. Découvrir la partie habituellement cachée des bateaux est impressionnant. C’est si haut quand c’est posé à terre ! Les coques, les mats, toutes ces lignes qui dessinent un tableau avec les nuages, le vent, l’odeur de la mer, les marteaux qui clinquent, etc. Je suis bien. Je ne trouve pas Pierre-Luc, mais j’engage la conversation avec un autre gars qui travaille sur son bateau. C’est un brise-glace, en acier. Il est en train de le remettre en état et me raconte ses projets de voyage en Alaska. Projet de taille, de taille à me faire rêver bien évidemment. Le type est peu bavard, mais mon enthousiasme débordant va me permettre de monter à bord, et de le visiter de l’intérieur. Trop génial ! Je continue ma route de nouveaux rêves plein la tête !

Ma traversée rapide du milieu du Canada me permet de prendre plus mon temps au Québec, je ne choisis donc pas le chemin le plus direct, et m’engage pour un tour de la Gaspésie. Ma prochaine étape ne se situe qu’à quelques kilomètres de Bic, dans le bourg de Rémouski, où je me fais héberger chez Rémi, qui vient de démissionner pour partir faire le tour du monde. Son départ est dans six jours, il considère ma venue comme une parfaite coïncidence. L’excitation d’avant départ est à son comble. Je me réjouis d’en faire partie. Accueillie chez ses parents, ils me reçoivent évidemment comme ils aimeraient que leur fils soit reçu lorsque ce sera son tour. Une bienveillance maternelle attendrissante.

 

Puis je rencontre Azellus, gaspésien véritable et fier. Il me prend sur le bord de route, on discute, il m’offre une poutine. Il connaît mon futur hôte chez qui je compte me rendre ce soir, mais me dit qu’il est encore loin pour l’atteindre avant la nuit, et me propose donc de m’accueillir. En me rassurant direct par un « t’as pas d’inquiétude à avoir, je suis gay! ». Je trouve cela effectivement rassurant, même si je me dis que c’est dommage que l’homme en général soit source d’inquiétude pour une femme. Dans un monde idéal, ce serait tellement plus chouette s’il inspirait davantage un sentiment protecteur. On s’arrête dans sa petite maison de bois en cours de construction, au beau milieu d’une érablière. Azellus aime sa terre, qui lui offre l’équilibre harmonieux dont il a besoin. Il entaille les érables pour en tirer du sirop, il fait des pancakes avec les œufs de ses poules, il fait pousser des fraises, ramasse des myrtilles, admire les caribous qui viennent lui rendre visite, et se balade en skidoo l’hiver. Un vrai Gaspésien, j’avais dit !

On part de bon matin, après avoir savouré de délicieux pancakes au sirop d’érable, pour aller découvrir les environs. Il me conduit même jusqu’au Cap-des-Rosiers – j’en rêvais ! – et me laisse continuer mon tour.

Le soleil commence à être bien bas et je ne sais du coup plus trop où je vais dormir. J’ai voulu saisir cette opportunité de rencontre mais mes hébergements programmés se retrouvent du coup à chaque fois un peu trop loin. Je continue ma route, confiante, une solution finit toujours par se présenter ! Pierre, mon sixième chauffeur de la journée, revient de la plage où il a ramassé des jolis petits cailloux, pour en faire des bijoux. Il me montre sa récolte du jour, et me dit d’en choisir un. J’accepte avec plaisir, et prends mon temps pour le choisir. J’aime ce petit caillou, ce petit rien, un vrai trésor dans le creux de ma main. Pierre me dépose à la sortie du village de Bonaventure. Le soleil se couche, je ne sais toujours pas où dormir, mais tout ça me laisse un bon présage. Et après quelques minutes à attendre des voitures, deux vélos arrivent derrière moi.

– Salut !
– Salut !
– Tu me remets pas ?
– Euh…
– Je t’ai pris à Trois Pistoles !
– Ahhh ! (Je remets très bien, un doctorant en géomorphologie, rentré d’un tour du monde il y a quelques temps déjà… Et là éclair de génie,  je me souviens même de son prénom !) Charles c’est bien ça ?
– Oui c’est ça ! et voilà Marion. Alors ce Tour de Gaspésie, t’as réussi ?
– Eh oui, rapide, mais très chouette :)

Marion semble enthousiaste à l’idée de me rencontrer, son sourire jusqu’aux oreilles me laisse pressentir de bonnes choses… Effectivement, je n’attends pas longtemps avant qu’elle ne me propose d’aller dormir chez ses parents, qui habitent littéralement au bord de la mer. Je passe sur ses conseils me prendre un homard à la poissonnerie du pêcheur. On est en plein dans la saison, j’arrête pas d’en en entendre parler, et j’attendais justement l’opportunité idéale pour en déguster un face à la mer :) On ne pouvait pas mieux tomber. Le père de Marion me le prépare comme un chef, et je le savoure devant un coucher de soleil en écoutant le bruit des vagues, ce qui lui donne un goût évidemment magique. Très belle soirée avec Charles, Marion et ses parents. Ils m’offrent une chambre pour la nuit, la chance me sourit !

Le lendemain matin je quitte le Québec, avec la tante de Marion, qui fait la route. Mais je n’en suis pas encore à la fin de ma traversée… Avant d’arriver en Amérique, j’avais en tête que le Québec était le bout du Canada. J’avais pas idée que le pays se prolongeait en fait encore autant à l’est du Québec. Je m’apprête donc à découvrir les provinces maritimes, leurs particularités linguistiques et culturelles, en tant que provinces un peu oubliées du Canada.

 

20150619_083232

Je quitte le Québec quelque peu alourdie… mais ravie !

2 Responses to Retour en stop par l’Amérique (Partie 3/4)

  1. Anne-Laure says:

    Merci beaucoup pour tes récits. On a l’impression de voyager un peu. Et puis tu écris super bien (je crois que je me répète). Vivement la suite ;-)

Ecrire un p'tit mot

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s