Canada, étape 1/6 : La Cordillère

Dates : 13 mai au 2 juin 2015
Distance : 1093 km
Province : Colombie britannique (British Columbia)
Fuseaux horaires : Pacific Time (UTC – 7), Mountain Time (UTC – 6)

De Vancouver aux Rocheuses, première étape de ma traversée du Canada : franchir les reliefs de la Cordillère américaine. C’est l’histoire du début de mon retour vers la France, dans un décor sauvage de montagnes, de taïga, de rivières et de lacs.

***

Le 13 mai au soir, je reprends ma route vers l’Orient et quitte la Nouvelle-Zélande pour un vol au-dessus du Pacifique. Volant a 11 000 m d’altitude, l’énorme Boeing 777 franchit la ligne de changement de date, puis l’équateur. Après une nuit raccourcie, l’aube d’un deuxième 13 mai apparaît dans les hublots. J’atterris en début d’après midi a Vancouver. Si le premier 13 mai était frais et automnal, celui-ci est un beau 13 mai printanier.

Pour l’arrivée au Canada et les derniers préparatifs de la traversée du pays a vélo, je ne pouvais rêver meilleur accueil. Chris et Margo, mes hôtes Warm Showers (le couchsurfing des cyclo-voyageurs), m’attendent a l’aéroport, drapeau français et dessin de vélo à la main. Je passerai chez eux quelques excellents jours, à découvrir la ville a pied ou a vélo. Déguster d’excellents petits plats, glace au sirop d’érable et pain maison. Régler quelques questions de vélo, matériel, prises électriques et autres. Mais aussi à partager de nombreuses discussions et photos sur nos voyages respectifs et apprendre un tas de choses sur le Canada. En bref, un commencement idéal sur ce nouveau continent.

13 au 16 mai : Vancouver

La première sortie en ville n’est pas si simple : rappelle toi, on roule a droite, rappelle toi, on roule a droite… gros croisement, alors comment on fait pour tourner a gauche quand on roule a droite ? Eh elle fait quoi celle la ? Ah oui elle arrive depuis la gauche du coup… Après avoir pédalé a gauche sur 11 000 km dans 5 pays, c’est pas si évident ! Mes les réflexes reviennent vite et l’adaptation est rapide, même si pendant quelques jours j’aurai encore parfois tendance a partir du mauvais coté (et, plus dangereux, m’attendre à ce que les voitures arrivent du mauvais coté !).

17 mai, chez Chris et Margo. Départ de Vancouver

Colombie britannique

Le 17 mai, j’enfourche mon vélo pour plusieurs mois a travers le Canada, direction : l’Atlantique ! « Over the hills and far away… »  C’est un très fort sentiment d’être la, et de rentrer vers la France. Après s’être éloigné toujours plus de mon pays, et être resté plusieurs mois à l’antipode, voir maintenant la France se rapprocher me donne une grande énergie ! Chaque jour, je suis un peu plus proche de la famille, des amis, du pain, du fromage et des chocolatines, enfin de chez moi !

Première province a traverser, la Colombie britannique et ses montagnes. L’Ouest canadien est traversé par la Cordillère américaine, ensemble de chaines de montagnes orientées du Nord au Sud, ce qui implique une suite de cols a passer ! Fin mai peut encore être froid et humide, et j’avais crains une météo difficile pour le début. Mais cette semaine est marquée par des températures largement au-dessus des moyennes. Il fait beau et de plus en plus chaud.

Je remonte la fertile vallée de la Fraser et le premier soir, je monte ma toute nouvelle (et quatrième !) tente chez des fermiers. Ils profitent de cette bonne météo pour couper le foin pour l’ensilage et me font faire une tour dans le camion, avant de m’offrir une bière autour d’un feu. Voila pourquoi j’aime le voyage a vélo.

Très vite, je prends la route 3, la Crowsnest Highway, qui me mènera, flirtant avec la frontière des Etats Unis, jusque l’autre cote de la Cordillère. Je suis aussitôt entouré de sommets enneigés, et dès le 3ème jour, je passe un col a 1300 m. Tout de suite après, en commençant la descente, je vois soudain une masse sombre, juste de l’autre cote de la route. Un ours ! Je m’arrête. Il lève la tête et me regarde. Malheureusement, il fait sombre, mais je prends quand même une photo. Il détourne son attention (ouf !) et je repars. Je m’arrête quelques km plus loin, toujours au cœur du parc naturel, pour mon premier bivouac sauvage. Une rencontre qui m’incite a respecter les règles du bivouac en bear country : cuisiner loin de la tente, ne garder aucune nourriture ni dentifrice dans la tente, et tout suspendre en hauteur. Un cerf passe non loin.

Un gros nounours !

Je retrouve un vrai plaisir, celui de la cuisine au feu de bois. Qu’y a t-il de plus satisfaisant que cuisiner au feu ? Un simple petit feu, avec quelques brindilles ramassées sur place. Je remercie d’ailleurs le fabricant du réchaud a bois, qui en a renvoyé un gratuitement en Nouvelle-Zélande car l’ancien avait une patte cassée. Je recommande volontiers cette petite merveille, que j’ai utilisé des centaines de fois. (« Fire Profi » pour les intéressés).

Des paysages variés s’enchaînent, avec beaucoup de forets bien sur, mais aussi quelques prairies, vignes et vergers.

Les journées sont très longues, ce qui est vraiment agréable. Je suis vraiment surpris par la gentillesse générale des conducteurs. S’il est inconcevable pour un australien de s’écarter un peu même si il y a deux voies dans le même sens et personne a l’horizon, ici presque tous s’écartent largement, n’hésitant pas a passer entièrement sur la voie d’en face, alors que les accotements sont déjà larges et confortables. Les canadiens semblent d’ailleurs aimer les cyclistes, on m’adresse souvent des sourires et des « going far?« .

Apres une semaine de très beau temps, les températures retombent un peu. Un soir, il se met même a pleuvoir, mais j’évite un bivouac humide en recevant une invitation qui tombe a pic. Brenda me propose de venir dans sa maison d’été, de l’autre cote du lac. Il faut y aller en bateau ! Magnifique vue et excellente rencontre !

Mais le lendemain, je n’échappe pas au mauvais temps, et c’est transi de froid que je termine l’ascension d’un haut col.

Peu après dans la descente, je tombe sur une cabane miraculeuse au bord d’un petit lac. Elle est ouverte, et je découvre avec bonheur des tables et surtout un poêle ! Je l’allume aussitôt et peut me réchauffer et tout sécher, avant d’y passer la nuit.

J’ai même des voisins rongeurs :

Depuis Vancouver, j’ai été hébergé par 5 autres hôtes Warm Showers, toujours un excellent moyen de rencontrer des locaux, échanger des histoires contre un bon dîner, et repartir le lendemain les batteries rechargées, au sens propre comme au figuré.

Finalement, j’atteins les Rocheuses, la chaîne de montagne la plus orientale de la Cordillère. Dans cette région minière, je tombe sur le plus gros camion du monde.

A vélo, on peut aller loin, en prenant le temps. Mais les objectifs lointains restent abstraits, les trop longues distances ne sont pas vraiment concevables. Il faut un objectif plus proche et concret, un phare qui nous attire. En quittant Vancouver, mon phare était le dernier col de la Cordillère, Crowsnest Pass, qui marque aussi la fin de la Colombie britannique. A 1 400 m, il parait que c’est le col le plus bas pour franchir les Rockies. Petit joueur ! Le 2 juin, c’est un peu la tempête quand je l’atteins. 10 degrés, trombes d’eau toute la journée, bourrasques… Mais peu importe, j’ai le moral tellement a bloc que la pluie ne me mouille pas (sur-chaussures, sur-pantalon et veste aident aussi un peu). C’est ainsi que je termine la première étape de ma transcanadienne.

De phare en phare, j’atteindrai peut-être un jour l’Atlantique ? Mais il reste du chemin.

« Est-ce la longueur de la route
Où à cause des pièges sur le chemin
A cause de moi, ça je m’en doute
A cause de toi, je n’en sais rien »

(La Rue Kétanou)

10 Responses to Canada, étape 1/6 : La Cordillère

  1. ah, c’est cool que vous avez reussi de vous revoir! dommage pour la pluie… et bonne continuation pour les dernieres 5 etapes ;) bisous de Nelson (ou on a trouvé des housesitting jusqu’au 25 septembre, donc on travaille juste un peu pour la bouffe, apres on retounera, mais comment, on sais pas encore ;)

  2. Myriouf says:

    cool, le retour des récits! c’est trop chouette!

  3. Anne-Laure says:

    Merci pour les nouvelles ! Contente de voir que le retour se rapproche, ça fera plaisir de vous revoir :) Et puis, le Canada, ça a l’air d’être un chouette pays, bonne traversée !

  4. Tom et Elo says:

    Alors ta changer ta casserole? tu as obtez pour un billie kiwi? On a eu discuter avec un chasseur à propos de sa casserole sur stewart island… mais il en démordais pas ceci n’est pas une simple casserole, c’est un Billie puisqu’il a une hanse et non une poignée! Roule bien on pense a toi, a vous ! !

    • Matthieu says:

      Merci, et bien vu ! La gamelle du Waterhouse est en fait hyper pratique pour sa forme, je peux rentrer tout le réchaud dedans. Bon elle est en acier (lourd) et la hanse est un peu gênante (j’utilise une poignée ;), mais je gagne plein de volume. Je suis bien jaloux de votre rando sur Stewart Island ! Bises

  5. Deplanques Michel says:

    Bonjour bien content d’avoir de vos nouvelles ,mais il me manque des épisodes !!!!!! Sara n’est plus avec toi

    • Matthieu says:

      Merci ! Je crois qu’il me manque un épisode aussi lol ;) On a effectivement continué chacun sa route depuis l’arrivée en NZ.

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