Au bout du bout du monde

♪ « Avant d’partir le pouce en l’air
à l’autre bout du bout du monde » ♫

La Rue Kétanou

 

Au bout du monde… ah, combien cette expression m’a fait rêver ! Et continue de me faire rêver, d’ailleurs…
C’est joli le bout du monde non ? On sait pas bien ce que ça veut dire en fait, depuis qu’on sait que la Terre est ronde. Mais ça continue à faire rêver. Ça sonne lointain, ça sonne exotique, et surtout ça sonne inaccessible. Bref, ça fait longtemps que je rêve d’aller au bout du monde. En arrivant à Singapour, face à l’océan, j’ai eu un peu le sentiment de l’atteindre ce bout du monde. Ça semblait fou, ça sonnait bien. Mais le voyage pouvait continuer, le monde ne s’arrêtait pas là. Par contre, en arrivant en Nouvelle Zélande, en atteignant cet objectif si lointain, on est parvenu à atteindre l’autre bout du monde. Je trouve l’expression moins jolie, mais au moins elle a du sens. L’autre bout du monde, par rapport à notre terre d’origine. Et oui, à l’exact opposé sur le globe. C’est pas LE bout du monde, mais c’est le nôtre. Et c’est déjà pas mal.

En posant les vélos, et en retrouvant un mode de vie sédentaire, la découverte du pays se fait autrement. Durant tout le voyage, même si l’objectif n’a toujours été que prétexte au voyage, il était finalement le point de départ du choix de la route (c’est joli ça, un objectif qui devient un point de départ). Les découvertes des pays se sont toujours faites dans une démarche globale d’avancée géographique. D’un pays limitrophe à un autre, d’ouest en est, ou du nord vers le sud. D’abord dans l’idée de rallier la Chine, puis par la suite, d’atteindre la Nouvelle Zélande.

Mais maintenant on est posé, on n’est plus uniquement de passage. Alors la logique n’est plus la même. Pourtant, l’impulsion de départ n’a pas changé. C’est toujours la carte qui nous fait rêver. La carte, la géographie, la poésie. Alors pour notre première petite exploration dans le pays, c’est tout naturellement qu’on a eu envie d’aller atteindre le bout de ce bout du monde.

En bleu, la route qu’on a effectuée samedi, en rose c’était dimanche, et en turquoise lundi. Chaque point correspond à un changement de voiture. J’appelle le bout de route effectué par chaque voiture un « lift », mot anglais bien pratique, dur de lui trouver un équivalent français. 

Quel moyen de transport ? Pour nous c’était évident, trois jours pour atteindre le cap Reinga, ce sera le pouce en l’air. Économiquement parlant, c’est encore ce qui se fait de mieux. Mais y a pas que ça. Ce qu’on adorait avec le vélo, c’était la provocation des rencontres, et à ce niveau là, l’autostop n’a rien à lui envier. Et ce qui est génial avec les rencontres qu’on fait en stop, c’est le filtre naturel qui s’applique. Seuls les gens cool s’arrêtent ;-)

Trois jours, c’est court, 1000 bornes c’est long, mais on l’a fait ! Et après plus d’un mois à Auckland, on a enfin le sentiment de vivre en Nouvelle Zélande (jusque là, on était un peu embêté à chaque fois qu’on nous demandait, et alors ça vous plait la Nouvelle Zélande ? Euh.. comment dire.. ça a l’air sympa mais…). Ces trois petits jours nous ont aussi rappelé pourquoi c’est ici qu’on a choisi de se poser, et nous ont donné l’envie de se trouver un sac à dos pour l’été. Pas beaucoup de photos (c’est plus compliqué en voiture), mais les paysages étaient vraiment chouettes tout du long. Des collines vertes qui ondulent, des petits mouton blancs, c’est l’idée qu’on avait du pays, et c’est vraiment beau.

Le but étant de voir du pays, on fait des détours par des petites routes, pas hyper fréquentées, mais ça marche. Le nord de l’île est principalement peuplé par les Maoris, ou plutôt la majorité des Maoris vivent dans le nord de l’île. Enfin, un peu les deux en fait. On fait des rencontres très intéressantes. Ces Maoris nous donnent une meilleure impression que les aborigènes d’Australie. Fiers de leurs cultures, ils ont tous des histoires et légendes à nous raconter. Des histoires qu’ils ont appris de leurs parents, et qu’ils transmettent à leurs enfants. Par contre aucun ne parle maori. A cause du fait que la langue leur a été longtemps interdite, quasi plus personne ne la parle, c’est trop bête.

Premier jour, on longe la cote ouest, sur les routes sinueuses de Waipoua Forest, et fait connaissance avec Tane Mahuta, plus vieil arbre de Nouvelle Zélande et dieu maori des forêts.

Tane Mahuta, plus vieil arbre de Nouvelle Zélande et dieu maori des forêts

On remonte jusqu’à l’estuaire qui nous offre une vue sympa sur les dunes de sable de l’autre coté.

Darren, de père british et mère maori a la tchatche, est passionné, nous donne notre dernier lift de la journée et nous invite chez lui pour passer la nuit. Une minuscule maison faite de bric et de broc, deux pièces, il partage son lit avec son fils pour nous laisser l’autre pièce. Le jardin donne sur le bord de mer. Dans le jardin, un espèce de four à bois pour faire griller le poisson qu’il va pécher dans sa petite barque, des toilettes sèches, des arbres, et des planches de bois en attente d’être sculptées. Darren est fier de sa double identité, est fier de ses parents et reconnaissant de ce lieu qu’ils lui ont laissé, mais déteste son prénom tout droit sorti d’une série américaine à la mode à sa naissance. J’adore ses sculptures, inspirées de motifs traditionnels maoris.

Marée basse. Le ponton, et la barque.

Darren et sa baleine

Dimanche, c’est une suédoise qui nous emmène jusqu’au cap. Nous voila au bout du bout du monde ! Là où la mer de Tasman rencontre l’océan Pacifique. Dans la légende Maori, c’est sur cette pointe rocheuse  – Te Reinga – que l’âme des Maoris à leur mort quittent le monde. Accroché à la falaise, un vieil arbre nommé Te Aroha. Les esprits descendent jusqu’à la mer sur des marches formées par ses racines. Ils continuent ensuite leur voyage jusqu’à Hawaiki, la terre d’origine imaginaire de leurs ancêtres.

Cap Reinga : le bout du bout du monde

Lundi matin, on prend le ferry pour atteindre Russel, dans la Bay of Islands. Un petit bateau, moins de dix personnes à bord. A coté, un énorme ferry, plusieurs centaines de personnes, qui ont payé un tour pour aller voir les dauphins. A mi-chemin, le capitaine vient nous chercher et nous invite à passer à l’avant pour voir les dauphins. En voila deux qui sautent au loin. Puis en voila d’autres plus proches, et là, regarde ! Là, là, et encore là. Ca saute de partout. Ohh, juste en dessous de nous ! On ne sait plus où donner de la tête. Le capitaine arrête même le moteur pour profiter du spectacle. On est à un mètre du niveau de la mer, on pourrait presque les toucher ! En arrivant au port, le chauffeur nous dit en rigolant que notre tour pour voir les dauphins nous aura pas couté bien cher ! Et en plus on les a vus de plus près. C’était vraiment magique.

On arrive lundi après-midi chez les grands-parents des enfants dont je m’ocuppe. Ils nous offrent le diner. Puis on se fait redescendre à Auckland par Glen le papa, avec Coben le petit dernier. Les deux autres restent quelques jours la-bas, c’est les vacances de printemps. La semaine va être plus calme !

8 Responses to Au bout du bout du monde

  1. Ananas says:

    « Le bout du bout du monde »…ça me plaît !
    Merci Sara, les photos mises par Matthieu étaient déjà très belles et avec les explications c’est encore mieux ! Merci pour ce petit voyage. Et j’aime tjs bcp ta plume !
    Bonne semaine plus calme !

  2. richard says:

    Le bout du monde est aussi au dedans de nous,dans le point de l’hyperespace d’où jaillit
    l’univers ,dans l’infini des galaxies là où vous êtes ,dns le coeur de Dieu……………
    Il me tarde de voir tes dessins………….;a bientôt Richard

  3. merci pour ces nouvelles, ça fait longtemps qu’on t’avait pas entendue! ;) un sac à dos pour l’été, c’est pendant notre hiver en fait? ils ont des grandes vacances?

    • Sara says:

      et oui, c’est pendant votre hiver. Ils ont en effet des grandes vacances, et changement de classe à la rentrée en février !

  4. Ananas says:

    Essayez donc de chanter ça, c’est rigolo :
    « Sur le bout du bout du monde ma mie m’appelle,
    sur le bout du bout du monde ma mie m’attend! » ;))

  5. Ping: 8 mois chez les kiwis | A vélo vers l'Orient

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