You must be fit! (Queensland)

Un pick-up vide, l’idéal !

Faire du stop sur 1600 km avec deux vélos (et plein de sacoches) sur une des routes les moins fréquentées d’Australie n’était pas gagné d’avance… et on l’a pourtant fait les doigts dans le nez ! On se place de bon matin a l’intersection de 3-ways. Sur un petit panneau blanc qui borde la route, quelqu’un a écrit au feutre : « oui, quelqu’un va finir par vous prendre ». Mais il n’y a pas grand monde. Surtout des caravanes. Quelques unes s’arrêtent, pour s’excuser de ne pas avoir de place. Puis, après seulement deux heures d’attente (alors que l’on envisageait de passer la nuit ici s’il le fallait), un pick-up s’arrête. Vide, une seule personne a bord. Parti la veille de Darwin, il va tout droit sur Townsville. Il roule vite et presque sans pauses. On rattrape très vite les quelques véhicules qui ne nous avaient pas pris, on passe la frontière du Queensland, et le lendemain a 15h, après une longue traversée des immensités plates et rases de l’outback, il nous dépose devant la maison de nos hôtes Warm Showers a Townsville.

A Townsville, on récupère chez Kay et Peter nos sacs de couchages et autres habits d’hiver envoyés depuis Bangkok. Le climat est encore tropical, mais les soirées commencent a être bien fraîches tout de même.

Townsville depuis Castle Hill

Etant donne qu’on prévoit de s’envoler pour la Nouvelle Zélande depuis Sydney, et que la-bas, ce sera le début d’une autre aventure, on réalise petit a petit que Sydney devient, sans l’avoir vraiment choisi, l’objectif ultime de notre périple a vélo ! On s’élance donc pour le dernier chapitre : de Townsville a Sydney. Exactement 2 697 km, en 2 mois de vélo, de fin juin a fin août.

Le début est vraiment difficile. Tout commence mal. On a toujours un énorme vent de face, le trafic est insupportable et dangereux, et on a encore un problème avec ma patte de dérailleur qui se tord. La conduite des australiens est insupportable. Pas beaucoup de choix de routes, et on se tape 300 km sur la Bruce Highway, la grosse route qui longe la cote. On a failli abandonner plusieurs fois, après s’être fait doubler de manière vraiment trop dangereuse. Une seule envie alors, quitter l’Australie au plus vite. Mais c’est pas si simple, on n’a pas encore nos visas pour la Nouvelle Zélande, puis faut au moins rallier un aéroport, et puis c’est pas si évident de renoncer a un objectif. Bon, même si par la suite on trouve des petites routes très tranquilles, je pense qu’il ne s’est pas passé un seul jour en Australie sans, qu’au moins une fois, on se dise « putain mais quel gros connard celui la ! » et que l’on souhaite quitter ce pays de barjots. Aller, commençons donc par le plus mauvais cote de l’Australie, c’est a dire ses (enfoirés de) conducteurs. C’est une question de mentalité, les gens ici n’aiment tout simplement pas les cyclistes. C’est la première fois qu’on sent une réelle hostilité de la part des conducteurs.

Apres tant de mois passés sur la route dans différents pays, on a bien eu quelques frayeurs de temps a autres, mais après quelques semaines en Australie, on a bien plus d’histoires a raconter, ou l’on a eu bien plus peur, que tout le reste avant ça. C’est clairement et de loin le pire pays qu’on ait vu quant au comportement des conducteurs envers les cyclistes.

Quelques exemples ? Dernier jour de vélo dans les Territoire du Nord, une caravane ralentit derrière nous (ce qui est très rare) car il y en a une autre en face. Gros bruit de camion. Bruit anormal. Quand il y a un gros bruit, réflexe, on se cale a gauche en dehors de la route. Sauf qu’un road train derrière, n’a pas souhaité ralentir et double par la gauche, a plus de 100 a l’heure, complètement en dehors de la route. Énorme nuage de poussière et d’herbes, on n’y voit plus rien, une caravane a notre droite, un énorme camion a notre gauche qui n’en finit pas. Et si on s’était décalé un tout petit peu plus vers la gauche ? On s’arrête, les jambes tremblantes, il nous faut une demi-heure pour s’apaiser, la rage envers cet abruti qui joue avec la vie des autres.

Partagez la route

Une autre fois, dans le Queensland cette fois, ou une toute nouvelle loi oblige les conducteurs a s’écarter des cyclistes de 1 m 50 (contrairement aux autres états australiens). On passe un pont. Sur les ponts, la bande sur le cote, dont la largeur est déjà très aléatoire, disparaît complètement. Pour éviter qu’on nous passe a 5 centimètres a 110 km/h, on roule habituellement au milieu de la voie ce qui est normalement bien plus sur. Longue ligne droite, personne derrière (personne devant non plus), on y va. Des voitures arrivent derrière, mais il peuvent nous voir des centaines de mètres en avance. La première voiture ralentit, la deuxième aussi. Puis une troisième apparemment ne freine pas assez et rentre dans la deuxième voiture. Arrière tout cabossé. Les deux voitures s’immobilisent. On était déjà rabattu après le pont. On se regarde : est-ce qu’on s’arrête ? Non, on a rien a se reprocher, en revanche eux vont considérer que c’est juste de notre faute, il vaut mieux tracer ! On continue, en roulant vite et en ayant peur qu’ils nous rattrapent. Pas de chance, aucune de chance de sortir de la route pour s’écarter. Il est tard, et des qu’on trouve un petit ruisseau, on s’arrête pour le bivouac. C’est tout proche de la route et très bruyant, mais on est assez bien caches. La nuit est infernale, chaque camion passant sur le pont entraine un gros tremblement du sol, nous reveillant systematiquement. Le lendemain matin, en reprenant la route, on se dit qu’on a probablement ete un peu parano, du moins on l’espere. Et la, une voiture qui arrive d’en face pile droit sur nous et s’arrête a notre niveau sur la mauvaise voie. On nous gueule dessus. « Si on vous avait trouve hier, vous seriez pas sur vos vélos ce matin… j’aurais pu tuer quelqu’un par votre faute » etc. Puis il repart. Ben voyons.

Un dernier ? Apres m’être fait doubler vraiment trop proche, je lève la main. Le pick-up descend aussitôt dans le bas cote pourtant raide, monte sur la route et se met a gueuler en faisant signe de s’arrêter. Tu m’a fais un fuck ? Non j’ai juste levé la main (son visage se décrispe un peu) parce qu’aujourd’hui il y a beaucoup de vent, je peux faire des écarts a chaque instant, et j’ai pas envie de mourir aujourd’hui. « Si tu veux pas mourir, fais pas de vélo ! » On lui explique la nouvelle loi, il gueule que y avait quelqu’un en face, qu’il veut pas ralentir, etc. Que de toute façon si il vient chez nous ok, mais que la on est dans son pays alors on la ferme et on peut aller se faire foutre. Entre autres. (Juste après, une voiture s’arrête, une femme descend, nous demande si tout va bien, et nous dit « je voulais vous montrer qu’il n’y a pas que des cons en Australie » en nous tendant des tomates et des sodas.)

Les fois ou la route est toute droite, la visibilité optimale, qu’il n’y a personne un km derrière et un km devant, et qu’on se fait raser de vraiment proche, ça arrive tout les jours. Les fois ou il y a quelqu’un en face, la route trop étroite pour que ça passe, mais que le camion ou la caravane derrière ne ralentit pas d’un poil, qu’on doit au dernier moment se jeter hors de la route en se demandant ce qui serait arrive si on l’avait pas fait, on ne peut pas les compter non plus.

C’est bien dommage, car on trouve parfois des petites routes, avec un trafic faible, qui serait excellente a faire n’importe ou ailleurs. Mais ici même un faible trafic signifie tension et risque en permanence, les yeux rives dans le rétro. Du coup, on remet en application les écarteurs anti-cons qui marchaient plutôt pas mal en Malaisie et Indonésie. Mais, ici, ça nous vaut de se faire arrêter par un flic…

C’est ça, c’est nous qu’il faut arrêter. C’est la meilleure. On argumente longtemps. Au moins, il est un minimum a l’écoute, se dit déçu quand on explique que c’est le pire pays qu’on a vu et qu’on s’y attendait pas, car on pensait que l’Australie était un pays civilisé, mais insiste pour qu’on enlève le bâton. Il finit tout de même par nous escorter pour les trois prochains ponts.

Heureusement, a part ces 300 premiers kilomètres, on a toujours trouve de petites routes sympas et au trafic raisonnable, voire très calme. Bref, l’Australie c’est bien… tant qu’il y a pas d’australiens ! Beaucoup de perspectives plutôt chouettes.

Beaucoup de pompes a eau a vent.

Et beaucoup de vaches.

Zébu, race brahmane. Bœuf de 3 ans et 800 kg.

On traverse d’abord un paysage de canne a sucre. Des immenses champs, le même genre qu’en Chine, mais l’ambiance n’a rien a voir. Il n’y a pas ici des centaines de travailleurs coupant la cane a la main, tout est motorisé et automatisé.

Plantation de canne a sucre

Il y a même des petits trains partout

et on nous a invite a faire un petit tour dans la locomotive !

Sucrerie de Proserpine

Dans une petite région du cote de Ayr, ils continuent a utiliser une pratique autrefois plus courante. Ils mettent le feu au champ, les flammes passent très très vite et brûlent toutes les feuilles sèches, ce qui facilite le ramassage. Tout va très vite. En voyant la fumée au loin, notre hôte Warm Showers nous emmène aussitôt en voiture pour qu’on assiste au spectacle de près. Bruit et chaleur impressionnants !

Allumage…

C’est parti !

Peu après Townsville, on arrive au cap des 20 000 km !

Puis, 7 mois après avoir passe le tropique du cancer, on passe le tropique du capricorne.

Apres les premiers paysages de canne a sucre, on rentre dans le bush. Sec et jaune. Les Eucalyptus (gum trees), il y en a des centaines d’espèces, forment le gros des arbres.

On passe la plupart des nuits sous tente. C’est pas toujours facile de trouver un endroit, a cause des clôtures qui bordent la route presque partout. Du coup, on demande quelques fois a mettre la tente chez des gens, et on se fait (presque toujours) très bien accueillir. On nous offre même plusieurs fois un stew (ragoût de viande – beaucoup – et légumes – un peu) pour le dîner. Plus on descend au sud, plus il y a d’aires de repos gratuite ou il est autorise de passer la nuit. Pratique ! C’est super agréable de savoir d’avance qu’on a un endroit ou dormir et qu’on peut s’installer tôt si on arrive tôt, alors on les enchaîne au maximum. Les arceaux commencent a faiblir. On en re-scotche régulièrement. On veut au moins que ça tienne jusqu’à Sydney !

Bivouac sympa au milieu des grass tree

Matin et soir, on cuisine sur le réchaud a bois en mettant un caillou en équilibre pour remplacer la patte cassée. Quand on en trouve un bien, on le garde, mais on finit toujours par l’oublier. Notre régime alimentaire est très simple et régulier. A a fois facile a transporter et pas cher. Le matin, café puis porridge. Le soir, chocolat chaud puis pâtes (question logistique c’est plus simple). A midi, on mange du pain de mie avec de la mayonnaise et des légumes (le plus souvent chou et carottes). L’Australie coûte cher, mais avec ce régime, nos dépenses quotidiennes sont bien moins élevées qu’en Asie du sud-est. Environ 4 euros par jour (pour deux). On prend en moyenne du stock pour 3 ou 4 jours.

Nos courses sont très souvent 100 % Homebrand, la sous marque de Woolworth.

Et, de temps en temps, on peut faire griller le pain de mie sur des « barbecue » dans les parcs publics.

En plus des hôtes Warm Showers (8 en Australie), et les fois ou on campe chez quelqu’un, on a reçu un nombre plutôt surprenant d’invitations spontanées. Un jour on demande de l’eau dans une maison (très) isolée un matin, et on finit par passer la journée avec le fermier.  Une autre fois on mange un matin dans un parc public d’un petit village, et un type vient nous proposer une douche ou un café, il habite juste a cote ! On finit par passer la journée chez eux ! Un soir, alors qu’on commence a s’inquiéter car aucun lieu de bivouac en vue, une voiture s’arrête dans le bas cote juste devant nous : « vous voulez un lit pour ce soir ? on habite 6 km plus loin, on vous attend ! ». En plus, ils sortent ce soir la, et on se retrouve seuls dans une magnifique maison.

Une journée avec un fermier au cœur du bush

Du bon temps chez Peter, Kirsten et Parker

On se fait donc héberger assez souvent, environ une fois par semaine. Un très bon rythme pour profiter de la vie dehors en retrouvant du confort régulièrement. Et petit a petit on découvre les australiens et leur lifestyle. Une fois, on nous a dit qu’on devait surement trouver ça un peu fade, d’être de nouveau dans une culture occidentale après tous ces pays exotiques. Ben en fait non, ce qu’on a toujours adoré, c’est de jouer les petits anthropologues, regarder comment les gens vivent dans chaque pays, depuis l’intérieur, a la maison. Analyser toutes ces différences culturelles dont on prend conscience petit a petit, en côtoyant des locaux. Et nombreuses sont les différences entre les australiens et nos chers compatriotes.

Par exemple, la manière de se parler entre étrangers est très différente. Les gens s’abordent très facilement en se croisant, d’une manière qu’on aurait qu’avec des connaissances. Et ici, s’appeler par le prénom est très normal et pas du tout impoli, même dans des cadres officiels. Ça fait un peu drôle au début. C’est pas du tout con, en fait. C’est beaucoup plus facile d’utiliser et de retenir un prénom que tout le monde connait, plutôt qu’un nom de famille qu’on sait jamais comment prononcer ! En téléphonant a une administration, ça donne par exemple :

– Hello, Emma speaking.
– Hello Emma, I’m Hugh, how are you?
– Fine, thank you.
– That’s good.

Et la conversation peut commencer.

Le régime alimentaire des australiens n’a pas grand chose a voir avec le notre. Les australiens sont de vrais carnivores ! Bon, ils font de la bonne viande, j’admets. Mais les quantités sont incroyables, un énorme plat de viande, pour trois mini bouts de légumes a cotes, plus pour le décor ou pour la bonne conscience qu’autre chose. Un dîner, ça peut être par exemple un gros steack, et une petite salade. Euh… les féculents, ils sont ou ? Et au petit déjeuner, rarement de pain ou de céréales, mais souvent une bonne omelette, même au jambon parfois. Si on a pu manquer de protéines pendant le voyage, la ca risque pas ! Surement une question d’habitude, mais nous on arrive pas vraiment a se nourrir que de viande. Les nuits ou on était invites, on avait a la fois super faim, et mal au bide d’avoir mange trop de viande.  Par contre, on sent bien que les km a vélo sont bien plus durs le lendemain, quand on n’a pas eu notre dose de sucres lents, et on descend bien plus de barres de céréales. Aussi bizarre que cela puisse paraître, et même en ayant traversé le Pamir en ne mangeant que des gateaux secs sur plusieurs jours, c’est donc au régime australien que notre corps aura eu le plus de mal a s’adapter ! On comprend mieux maintenant, la réaction de notre hôte australien a Almaty au Kazakhstan, quand on avait cuisiné un dîner sans viande. Il s’était jeté sur le frigo pour se faire un steack, en s’étonnant de comment on pouvait trouver l’énergie de faire du vélo sans manger de viande… D’ailleurs, leur viande, ils adorent la cuire au barbecue. Tout un art de vivre, ici, le barbec. Mais leur barbecue, il est au gaz. Nous on voit pas trop la différence du coup, mais eux, ils assurent que la viande est bien meilleure !

Avant le dîner, on va systématiquement vous proposer soit une bière, soit un verre de vin. Ils sont assez fiers de leurs vins australiens (qui portent des noms français, comme Pinot noir ou Sauvignon blanc). Un verre a la main, vous discuterez… de l’Australie. Venant d’Aveyron (la plus belle région du monde), je sais ce que c’est qu’aimer son pays. Mais la c’est vraiment insupportable. Les australiens sont tous convaincus de vivre dans le meilleur pays du monde. Chaque ville ou mini village arbore fièrement son panneau « tidiest town ». Plus jolie ville. Ouais, il y en a tellement qu’il doit y avoir un concours pour chaque micro-canton… En ouvrant n’importe quel livre sur l’Australie, n’importe quelle brochure, ça commencera toujours par annoncer « plus belle chose du monde », « plus spectaculaire du monde », « plus grandiose du monde », « plus intéressant du monde », etc. Sur tous les produits alimentaires, c’est toujours précisé en gros Australian made, Australian grown, Australian owned, ou tout simplement « Proudly australian« , fièrement australien…

En dehors de l’Australie, ils ne montrent jamais le moindre intérêt. Ils ont une vision très floue du reste du monde, qu’ils appellent juste overseas, l’outre-mer, un peu a la manière des parisiens quand ils parlent de la province pour qualifier « tout ce qui n’est pas Paris », comme si c’était une entité ! C’est peut-être le fait que leur pays soit immense ou qu’ils n’aient pas de voisins, mais a ce niveau la, c’est donc le même genre d’ouverture au monde que ce qu’on a pu voir en Chine ou en Indonésie… Et pourtant, l’accès a l’éducation n’est quand même pas comparable !

A la question « vous venez d’où », quand on leur répond de France, ils s’empressent d’ajouter « non non, je veux dire, en Australie, vous arrivez d’où ? ». Ils pourraient au moins avoir la politesse de faire semblant que ça les intéresse qu’on vienne de France ! Et les questions sont toujours les mêmes : combien de temps en Australie ? Vous êtes passe ou en Australie ? Vous avez préférez quoi en Australie ? Etc. Il y a quelque chose que les australiens ne peuvent pas comprendre, c’est qu’on ait choisit de s’installer et travailler en Nouvelle Zélande. La, c’est l’incompréhension. Mais pourquoi pas l’Australie ? La Nouvelle Zélande, ça va pour des vacances, mais sinon l’Australie c’est beaucoup mieux ! Les montagnes ? Mais nous aussi on a des montagnes ! Un jour on me demande ce qu’il me manque de la France. Je réponds « les vieux bâtiments ». C’est vrai, tout est tellement récent ici. On a beau voir les dates, on a du mal a réaliser a quel point l’Australie est un pays récent. Début de la colonisation fin 18eme, unification du pays en 1901 ! Mais bref, qu’est-ce qu’on me répond ? « En Australie aussi il y a des vieux bâtiments, du cote de Sydney« … On l’aura compris, les australiens sont fiers et chauvins. Et nous, on n’a jamais autant aimé notre vieille France que depuis qu’on est en Australie !

Et puis, il y a les fameux grey nomads. En voyant toutes ces caravanes tirées par un gros 4×4 (ou camping-cars qui tirent un gros 4×4), tous ces magasins de camping, on a eu comme premier sentiment que les Australiens étaient cool, des grands voyageurs, qui vivent dans la nature, etc. On a trouve l’esprit plutôt sympa. Puis on a bien vu de quoi ils s’agissait. Oui, les australiens voyagent… mais dans leur pays ! C’est qu’il est tellement grand, et tellement beau… Bon, ok le bush, ca a un cote sympa, mais c’est quand même un peu monotone, non ? On a roule 3 mois, pas loin de 4 000 km, et c’est de loin le tronçon le moins varié qu’on ait fait du voyage. Mais ils ne s’en lassent pas, et certains voyagent des années, voire des dizaines d’années, a tourner autour de l’Australie. « C’est tellement grand, qu’on pourrait y passer une vie sans tout connaitre« . Oui, bien sur, mais vous savez qu’il existe autre chose en dehors de l’Australie ? Il existe même des pays ou l’herbe est verte… Pour la conduite, ils nous méprisent complètement. Et quand on dort sur la même aire de repos avec d’autre caravanes, parfois dans des endroits très reculés, jamais on nous a propose le moindre café, rien du tout. Alors qu’ils sont la en mode grand confort. Car oui, ils aiment l’outdoor. Mais pas trop quand même. Dans leur caravane, ils retrouvent le même confort qu’a la maison, avec tv et cuisine au grand complet, c’est a dire mieux équipée qu’une cuisine française moyenne. Et leur gros 4×4 tout équipés pour le tout-terrain, on voit jamais l’ombre d’une tache de boue dessus. On l’attendait avec impatience, ce retour dans un pays ou on peut vivre notre vie sans être interpellé toutes les 5 minutes. Mais forcement, on se met un peu a regretter toutes les invitations qui allaient avec.

On s’en fout, notre café, on se le fait tout seul !  On a juste besoin de quelques brindilles, nous.

Il y a aussi la mentalité liée au travail. Le schéma de vie idéal de l’australien, c’est d’en avoir bave, d’avoir travaillé dur quand t’étais jeune. Puis ensuite c’est pas d’avoir trouvé un travail qui te plait, mais un travail qui fait gagner beaucoup d’argent. D’avoir su trouver le bon filon, etc. Toujours penser en business (d’ou aussi le mépris des caravanes sur les vélos : oui j’ai du confort, mais j’en ai chie toute ma vie pour en arriver la). Le gros secteur c’est les mines (d’or, de charbon, etc.), et beaucoup se sont enrichit très rapidement. Il y a des cotes intéressant, par exemple chez nous on peut peut-etre donner trop d’importance au diplôme et a l’éducation, c’est de ça que va dépendre la hiérarchie. Ici on s’en fout de ton diplôme, on veut voir ce que tu vaux, et c’est plutôt l’expérience qui va compter. Mais tout ce cadre de pensée ultra-liberal et ultra-capitaliste nous sort par les trous de nez. Alors qu’on essayait d’expliquer un peu comment marche le système chez nous, le fermier s’exclame « mais c’est du communisme ! ». En plus de ça, ils ont gardé l’esprit des colons qui sont venus travailler la terre, et qui réussissaient, en bossant dur, en arrivant sur une terre ou il y avait rien. Sauf qu’aujourd’hui tout est motorise. Tous les fermiers passent leur journée au volant d’une grosse machine, a jouer avec des manettes. Alors le travail, il le vénèrent, mais en même temps, le vrai travail qui fatigue, comme ramasser les fruits etc, ils le délèguent aux jeunes européens ou asiatiques qui acceptent de se faire payer pas cher car ici l’économie est meilleure que chez eux.

Terminons par le par le plus insupportable. Quand on dit qu’on vient de France a vélo, et que l’Australie est notre vingtième pays traversé, il n’y a qu’une seule chose que ça inspire, systématiquement, a tous les australiens : « you must be fit! » (avec un gros rire comme si c’était une repartie originale et bien trouvée). C’est sur qu’on est surement plus en forme qu’un grand nombre d’entre eux qui passent leur vie derrière un volant, mais franchement, nous c’est pas vraiment ce qu’on retient de notre voyage.

On en a eu parfois tellement marre, qu’on s’est juré que les australiens « prendraient cher » dans notre blog. Ils nous ont tellement emmerdé sur la route qu’ils l’ont bien mérité. Bien sur, c’est des generalites, et on a aussi rencontre des gens super ! Il faut préciser aussi qu’on a presque uniquement rencontré des australiens ruraux, et qu’ils sont probablement différents et globalement plus ferme que les australiens des villes. Et les citadins représentent aujourd’hui 90 % des australiens, même si nous on en a pas rencontre beaucoup, forcement. Par exemple Brisbane représente a elle seule la moitie de la population de tout le Queensland, et un cinquième des australiens vivent a Sydney !

Et puis, l’anglais australien est plutôt rigolo. L’important, c’est de faire cool, mate. Pour dire bonjour, c’est g’day! et ils utilisent un joli no worries a tout bout de champ. Ils sont marrant quand même, a parler en raccourc’. Les aussies (australians) abrègent tous les mots un peu long.  ils achètent des veggies (vegetables) au wooly (woolworth), nourrissent des chuks (chikens), font le plein de leur voiture comfy (confortable) dans une servo (service station), et te préviennent de faire attention aux crocs (crocodiles). Parfois, le diminutif n’est même pas plus court que le mot normal, mais c’est pas grave, c’est pour faire cool, mate.

Si globalement, on aime pas beaucoup les australiens, on adore la faune australienne ! On serait pas etonné qu’on ait vu en 3 mois plus de kangourous que la plupart des australiens dans leur vie ! Faire du vélo sur des petites routes, c’est l’idéal, on en voit parfois plus d’une centaine en une seule matinée ! Il y a pas mal d’espèces différentes. Un bon nombre de wallaby de différentes tailles et couleurs, assez dur a différencier. Ils bondissent très vite en plein de petits sauts rapides. Et puis le kangourou géant ou kangourou gris, tout simplement énorme, qui traverse toute une route en simplement trois sauts calmes et puissants (les deux photos du bas).

Il y a aussi d’autres marsupiaux, comme les opossums (qui un soir faisaient la java dans les arbres a cote de la tente), et les wombats, qu’on a pas eu la chance de voir vivant. Quand on en a vu un mort en bord de route, on s’est bien demande ce que pouvait être cette espèce de petit ours ! C’est un gros herbivore qui creuse des terriers. La pauvre mère avait même un petit a moitié sorti de la poche…

Et bien sur les koalas, qu’on a pas eu la chance de voir non plus, en dehors des panneaux…

En plus de ces adorables marsupiaux, l’Australie abrite de magnifiques oiseaux. A Townsville, nos hôtes avaient un guide des oiseaux d’Australie. Je commence une liste avec les espèces déjà observées. Je me prends vite au jeu, avec tant de magnifiques oiseaux, et a chaque fois que je trouve un field guide (chez des hôtes ou lors des pauses bibliothèques, qui sont vraiment pas mal dans l’ensemble), je l’allonge, page après page, jusqu’à un total de 87 espèces identifiées en moins de 3 mois ! Un vrai safari photo. Pour terminer cet article, voila un aperçu de l’avifaune australienne.

***

Australie (Australia)

03.06.2014 – 25.08.2014 (3697 km + 1600 km en autostop)

6 Responses to You must be fit! (Queensland)

  1. Myriouf says:

    vive les oiseaux et les kangourous ! suspense…les australiens des villes étaient-ils plus sympas? Bon, quand-même, celle qui s’arrête pour donner des tomates et sodas, elle rattrape tous les autres!

  2. François says:

    Article ethnologiquement très intéressant !

    Le zébu se fait traiter de « beauf » dans le commentaire de la photo, alors que vous avez voulu dire « boeuf » probablement ; les beaufs, ce sont plutôt les conducteurs australiens, apparemment…

    Sinon, vous n’avez pas rencontré d’Aborigènes ?

    • Matthieu says:

      hehe lol, merci d’avoir note la faute ;)
      On a vu beaucoup d’aborigenes dans le Territoire du Nord, mais pas vraiment rencontre malheureusement. Sur la cote on en a vu beaucoup moins.

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