L’outback australien (Territoire du Nord)

Le 3 juin, on a décollé a 1h30 pour un vol de 2 heures, mais avec le décalage horaire il fait déjà jour lorsqu’on arrive a l’aéroport de Darwin. C’est donc après une nuit blanche qu’il faut remonter les vélos…

Des les premiers kilomètres pour rejoindre le centre-ville, on croise déjà de drôles d’oiseaux.

Ibis d’Australie

Vanneau soldat

Darwin ! Avec un tel nom je rêvais de passer dans cette ville ! C’est étrange d’être ici, loin de tout. On est plus proche de Bali que de Sydney. En arrivant dans le Territoire du Nord, on découvre tout de suite la démesure de l’Australie. Le Territoire du Nord, c’est a lui tout seul près de 3 fois la surface de la France métropolitaine, avec seulement 250 000 habitants dont presque la moitie vit a Darwin, la capitale. Quel contraste avec l’Indonésie !

C’est ici que vivent la plupart des aborigènes. Beaucoup traînent dans les rues, toujours pied nus. Pas du tout acclimatés a leur nouveau monde, comme si la colonisation venait de se passer… Et les blancs en ont peur (si on laisse nos vélos a l’entrée d’un magasin, on peut nous dire « attention a vos vélos, il y a des aborigènes »).

On reste 3 jours a Darwin, le temps de s’acclimater a tant de changements (on peut boire l’eau du robinet, plus personne ne se retourne sur notre passage, il ne fait plus trop chaud …), acheter une nouvelle roue de vélo, préparer la suite, et visiter un peu la ville. On est très bien accueillis chez Robert, qui nous fait goûter des le premier dîner dans le pays des brochettes de kangourou.

Sur une plage au nord de la ville, une grande partie des habitants se retrouve le jeudi soir pour le sunset market, très vivant, avec superbe coucher de soleil.

Les gens viennent voir le coucher de soleil

qui est plutôt sympa !

Puis on se lance sur la Stuart Highway, route qui descend tout droit a travers le désert jusque Adelaide tout au sud. La première ville, Katherine, est a 300 km.

On prévoit 4 jours de nourriture. C’était sans compter sur un puissant vent de face qui nous laisse aucun répit ! Commence alors une terrible bataille de 2 semaines. Se battre toute la journée, et arriver complètement épuisés, après avoir tout juste atteint les 50 km… C’est un énorme effort tant physique que moral. On atteint rarement les 10 km/h. Le vent nous freine tellement qu’on roule des heures a 6-8 km/h.

On découvre malheureusement très vite les road trains. Des camions énormes, avec 3 ou 4 remorques, dont la plupart ne s’écartent pas d’un poil a la vue d’un cycliste et qui nous obligent a sortir de la route a chaque fois.

La route est très étroite, n’a souvent pas le moindre accotement, et la vitesse est limitée a 130 km/h. Et le trafic est plutôt surprenant, vue l’isolement. Faut dire qu’en ce début d’hiver, tous les grey nomads, c’est a dire tous les voyageurs en caravanes et a cheveux gris, sont venus chercher la chaleur dans le nord de l’Australie. Les caravanes et camping-cars sont les pires et nous frôlent de très près.

On met finalement 6 jours a arriver a Katherine, heureusement que l’on avait du stock d’avoine ! On se lance ensuite avec un bon plein de nourriture pour la deuxième étape vers Tennant Creek, 700 km nous séparant du prochain supermarché. On prévoit 10 jours.

Et cette fois, au prix d’un très gros effort quotidien et avec une nourriture rationnée, on les tient !

Pendant ces deux premières semaines en Australie a travers l’outback (l’arrière pays) :

On voit nos premiers kangourous ! La première espèce que l’on rencontre est le kangourou antilopine, très grand et roux, qui ne vit que dans l’extrême nord de l’Australie. On est impressionnés par leur taille, pas loin de la notre !

Les paysages sont relativement diversifies, et évoluent tout doucement de la foret verte a la steppe rase en passant par la savane jaune.

On voit des centaines de termitières

dont certaines sont très hautes

et d’autres, nombreuses, sont accoutrées de t-shirt ou de casquettes :

On voit des milliers d’oiseaux

dont l’émeu, deuxième plus gros oiseau du monde après l’autruche

les très bruyants cacatoès a huppe jaune

ou cacatoès rosalbins

ou l’aigle d’Australie, énorme rapace qui a l’air d’apprécier les nombreuses carcasses de kangourous qui bordent la route

Et on croise une dizaine de cyclos, qui ont le vent dans le dos, eux, et qui font des étapes au moins deux fois plus longues que nous. Parmis lesquels :

Olivier, 42 000 km, 6 ans autour du monde en velo et voilier

un japonais qui a déjà 87 000 km dans les mollets en 5 ans

ou encore Ludo, un belge qui a déjà roulé 39 000 km malgré un mollet en acier

Chaque soir, deux semaines durant, on monte la tente thaïlandaise qui tient encore le coup, quelque part dans le bush, et on se cuit nos pâtes sur le réchaud a bois, totalement claqués par la journée, avant de s’endormir très vite. La température descend petit a petit, et les sacs de couchages d’occasion achetés a Katherine deviennent vite indispensable !

Un soir on campe avec Olivier qui remonte vers Darwin, après avoir fait le tour de l’Australie depuis Newcastle en passant par l’Ouest, en 8 mois. Partis en 2008 de Grenoble, il ne s’est déplacé qu’en vélo et voilier. Il transporte en plus une voile de parapente pour s’envoler des qu’il le peut. Il ne lui reste plus que l’Asie a traverser en 2 ans environ. On est totalement en admiration, et, ce soir la, on a l’impression d’être des touristes en vacances pour un petit voyage. Son site vaut vraiment le détour : http://www.enrouteavecaile.com

Des références en commun, des réflexions qui se ressemblent, des expériences a partager, bref une excellente soirée :)

Et ça y est, après 2 semaines de lutte contre le vent de face, on arrive a l’intersection de 3-ways, 1000 km au sud de Darwin.

Tout droit, ça continue vers le sud, mais nous on tourne a gauche, et on va essayer de faire du stop pour rejoindre la cote au niveau de Townsville, 1600 km plus loin…

***

Australie (Australia)

03.06.2014 – 25.08.2014 (3697 km + 1600 km en autostop)

5 Responses to L’outback australien (Territoire du Nord)

  1. Myriouf says:

    en effet, ça contraste avec l’Asie!

    • Myriouf says:

      ps : vous continuez toujours les carnets de voyage? Je sais que vous vous sentez tout petits à côté d’encore plus voyageurs que vous (pour l’instant, parce que « ça se termine » c’est une façon de parler, des mois en Nouvelle-Zélande c’est pas rien non plus, et qui sait quelle sera la suite?!) et que vous pensez que beaucoup d’autres ont publié avant vous… Mais j’insiste pour dire que vous devriez écrire quelque chose parce que je pense – et d’après les commentaires (publiés ou entendus) je ne suis pas la seule – que vous avez un véritable talent d’écriture et c’est sans compter les photos, ça dépasse en qualité beaucoup de publications lues ici ou là…+ les dessins… l’intérêt pour les langues, les cultures, le quotidien, de l’humour, du vécu… Vous trouveriez certainement un éditeur et sans aucun doute beaucoup de lecteurs (je réserve déjà plusieurs exemplaires!)
      Alors si jamais votre quotidien néozélandais était un poil moins intense (plus besoin de chercher où dormir chaque soir) vous aurez l’occasion d’y travailler (avec le blog vous avez déjà une belle base de travail! le plus gros est fait!). Je vous y encourage en tout cas !!!

      • Ananas says:

        Votre mère et belle-mère approuve grandement ce que vous dit votre sœur et belle-soeur et y rajoute ses encouragements : vos textes et photos sont d’une grande qualité !!!
        Et je pense que nous sommes objectives malgré la proximité familiale ! ;) D’ailleurs beaucoup de personnes qui ne vous connaissaient pas avant aiment votre plume et vos photos !!!

        • fabriclole says:

          Je suis totalement de l’avis de Myriouf et Ananas. Je connais même un éditeur auprès de qui je pourrai tâter le terrain…

          • Matthieu says:

            Merci beaucoup pour tous ces encouragements :) La tenue des carnets de voyages a été très aléatoires, et on les a renvoyé en France au fur et a mesure… On aimerait bien essayer de faire au moins quelque chose pour nous (sur le blog, il faut tellement résumer !), et si le résultat est concluant, a voir ;) Et ça va dépendre du temps qu’on trouve ici. Aucune promesse donc !

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