Java et Bali, derniers jours en Asie

C’est sur un énorme ferry qu’on traverse le détroit de la Sonde, depuis la pointe sud de Sumatra jusqu’à Merak, sur Java.

Arrivée du ferry sur Java

 A Merak, il nous faut un peu de temps pour s’organiser. On avait déjà décidé de ne pas traverser l’île la plus peuplée du monde a vélo. On avait réfléchi a faire du stop pour avoir un meilleur aperçu de toute l’île, mais finalement on décide de traverser presque la totalité de Java en train en une fois, plus facile avec les vélos a transporter. On va quand même rouler sur environ 500 km sur la partie orientale, prometteuse avec ses volcans, et sur Bali.

dans le bus…

Il nous faut donc d’abord réussir a traverser l’île avec les vélos, jusqu’à Surabaya, environ 900 km plus a l’Est. Pas gagné d’avance. On prend des billets de Merak a Jakarta et de Jakarta a Surabaya. Le premier train part a 9h du matin. On arrive en avance a la gare. Le train est très spacieux, mettre les vélos dedans ne pose aucun problème. Nickel ! Par contre le chef de gare en pose un, en refusant qu’on les mette. On argumente longtemps, on rentre les vélos, avant de se faire sortir par la force par une dizaine de gardiens et policiers une demi-heure plus tard, juste avant le départ du train. Les contrôleurs étaient d’accord avec nous que ça ne pose pas de problème, mais c’est le petit chef qui est content de son autorité. Pour me venger, j’essaye de l’empêcher de monter dans le train qui est déjà en mouvement, et j’y arrive presque ! Quelqu’un s’apprête ensuite a lui lancer son téléphone, et je me met alors devant la porte du train en gesticulant. Du coup, il ne le lance pas. On se venge comme on peut. N’empêche qu’on est bien dégoûtés, puisque ça nous semble compromit d’arriver assez tôt pour le train suivant qui part de Jakarta a 15h. Le billet coûtait assez cher, et il faut réserver d’avance parce que c’est toujours plein… Mais un type  nous emmène a la gare routière et nous trouve le bon bus. On peut rentrer les vélos (en payant) et 3h de bus avec nombreux arrêts plus tard, on arrive dans un terminal tout a fait excentré au large de Jakarta. On chercher alors un petit bus qui va a la gare d’ou part le train, il ne veulent d’abord pas qu’on rentre les vélos mais finalement (en payant pas mal de places), on y arrive. 1 heure d’énormes bouchons plus tard, on nous dit de descendre, on est a 2 km de la gare. Il se met a pleuvoir, il faut qu’on traverser quelques bonnes grosses routes a vélo, mais finalement on arrive a temps. Des qu’on nous voit approcher, on nous fait signe d’aller voir un bureau, ou on nous dit tout de suite qu’on peut pas prendre le train avec les vélos. Super, on est au milieu de Jakarta et on sait pas ou dormir ni ce qu’on va faire. Apres avoir insiste et parle avec plusieurs personnes, la situation se débloque d’un coup, de manière tout a fait inattendue. Apres n’avoir rien voulu savoir, on nous dit que si, c’est possible, il y a un wagon de bagages. On s’y rend, c’est un grand wagon presque vide, fait exprès, il y a quelques motos dedans. On a juste a rentrer les vélos et les laisser debout, tout charges. Super simple ! Euh pourquoi ça paraissait si complique si en fait il y a un wagon exprès ? Au moment de rentrer dans les wagons passagers, des gens sont a nos places. Ceux qui nous guidaient se rendent compte que dans la précipitation ils se sont trompés de train ! Celui ci va aussi a Surabaya, mais part une heure plus tôt ! Du coup ils s’organisent pour qu’un des types descende les vélos pour nous et nous attende la bas. Le train est super confortable, clim et prises de courant. Le lendemain matin, on arrive a Surabaya, et nos vélos nous attendent, garés dans le parking de la gare. Ouf ! Le voyage a vélo c’est génial tant qu’on est sur les vélos, mais clairement les plus grosses sources de stress auront toujours été lié au transport des vélos…

On avait peur du trafic, mais finalement c’est plutôt correct. C’est beaucoup plus plat que Sumatra, et on avance rapidement. On longe le bord de mer, avec parfois de superbes bateaux.

Sur la route, on aime regarder les différents véhicules, notamment les nombreux tricycles qui transportent des gens, toujours très travaillés.

Ou d’impressionnants échafaudages de bambous…

Les gens sont ici beaucoup moins dingue que sur Sumatra avec les photos, c’est reposant ! On a moins l’occasion de les rencontrer, mais on se fait tout de même accueillir un soir dans la RT rumah d’un village qui s’avère être madurais (Madura est une île juste au-dessus, relié a Surabaya par un pont depuis quelques années). Le Madurais semble assez différent de l’indonésien, d’après les quelques mots qu’on leur demande.

Dans un village madurais

Mais les moments forts sur Java, c’était les volcans. D’abord, depuis Probolinggo, on a fait un aller retour sur le Bromo. On pourrait y monter a vélo (certains l’ont fait), mais c’est une rude montée en aller retour sur la montagne, et en plus avec le vélo un peu cassé on est stressés que ca tienne pas. Alors on opte pour l’excursion classique faite par tous les backpackers, montée en bus la-haut, nuit dans le petit village au bord de la caldeira, départ a 3h du mat pour monter vers le point de vue pour le lever du soleil et redescente en bus. Et ben, même si ces photos existent en millions d’exemplaires, on est ravi d’avoir les notre ! C’était vraiment bien, et j’ai plus qu’apprécié le fait d’avoir froid,  la haut a plus de 2 000 m d’altitude, c’était pas arrivé depuis longtemps ! Boire une boisson chaude en ayant frais, quelle sensation magique !

Le village de Cemoro Lawang au bord de la caldeira

L’activité volcanique est très importante en Indonésie, et la caldeira du Bromo est un des volcans les plus visités. Une caldeira, c’est comme un grand cratère, mais ça a été formé autrement, par l’explosion complète d’un ancien volcan qui recouvrait toute la zone. Une falaise entoure la caldeira, et au fond, de nouveaux petits volcans ont émergé, dont le Bromo, volcan actif qui fume en permanence.

Le cratère fumant du Bromo. Le bruit est impressionnant !

Et en se retournant, vue sur la caldeira et la « mer de sable » :

dans la mer de sable

Le lendemain matin, marche nocturne pour atteindre un sommet avec vue sur la caldeira sur un petit sentier, avec quelques autres européens. En bas, on voit des dizaines de jeeps qui emmènent les touristes indonésiens voir le lever de soleil depuis plus loin. Les premiers rayons illuminent la caldeira, ou la vapeur du Bromo s’est accumulée pendant la nuit :

Devant le Bromo, le Batok émerge de la vapeur

Et, toutes les demi-heure environ, le Semeru, un haut volcan de 3 000 m qui se trouve au-delà, lance un petit nuage…

Le Semeru au loin

Plus tard, c’est le tour du volcan Kawah Ijen, et cette fois c’est pas de la rigolade, on y monte a vélo ! On est de plus en plus confiant sur le vélo qui tient la route, et cette fois, on redescend de l’autre cote. Mais la raison principale est qu’on ne trouve pas ici de transport local, ca semble plus complique d’y aller sans passer par les tours organises.

Et ça monte !

De nombreux caféiers bordent la route :

Apres une première nuit dans un village au cours de la montée, on atteint de le bord de ce qui est aussi une caldeira, mais aux formes moins distinctes et recouverte de végétation.

Le fond est recouvert de plantations de café qui forment un beau paysage. Les cafeiers ont besoin d’ombre et de grands arbres sont plantés en parallèle pour leur en offrir.

Ces terres fertiles produisent aussi de nombreux chou ramassés dans de hauts paniés.

Puis ont atteint, après une rude remontée de l’autre cote, le pied du volcan Kawah Ijen. On campe pas loin du point de départ de la balade, et on met le réveil a 2h30, car on veut y arriver de nuit pour voir un drôle de phénomène visible seulement la nuit, des flammes bleues. On fait les derniers kilomètres, mais mauvaise surprise en arrivant, un garde bloque l’entrée du sentier, ça ouvre a 4h, soit disant a cause de gaz toxiques. On attend patiemment, déçu car ça va être difficile d’arriver assez tôt, mais finalement, alors qu’il commence a y avoir beaucoup de monde qui attendent, ils nous laisse monter a 3h30. Ascension de nuit, avec pas mal de monde et les fameux ramasseurs de soufre.  On atteint le bord du cratère, et, tout en bas, on distingue les flammes bleues dans la fumée ! Bon, de très loin, on peut voir de belles videos de près sur youtube.

Puis le jour éclaire peu a peu le cratère, avec son lac bleu ultra-acide et la sulfatare devant :

La fumée s’accumule parfois jusqu’à tout boucher, et on a juste entre-aperçu le lac. Par contre on voit bien les porteurs qui descendent chercher le soufre et le remontent dans des paniers. On hésite un peu, mais on décide de descendre. Des guides proposent d’amener les touristes en bas, et certains ont des masques a gaz. Nous on y va tous seuls, mais c’est un peu stressant car la fumée peut arriver d’un coup ! Le sentier est encombré, entre tous les porteurs et les touristes. On est plutôt chanceux, on peut bien observer la récolte du soufre de près.

Le site étant devenu assez récemment touristique, les porteurs ont bien compris qu’il était plus rentable de faire guide pour les touristes ou de leur vendre des morceaux de souffre, en jouant sur le cote pitié que procure la vue d’un tel travail (car les paniers sont vraiment lourds et les gaz toxiques). On se fait donc aborder en permanence. C’est seulement dans la remontée qu’on se fait prendre dans la fumée, ça devient un peu dur de respirer, ça fait tousser, mais on retrouve vite le bon air frais a l’entrée du cratère !

Depuis le pied du Kawah Ijen, une grande descente nous amène tout droit jusque la mer, de l’autre cote, a l’extrémité orientale de Java. La descente est magnifique, dans une foret tropicale, mais tellement raide que l’on doit marcher a coté des vélos en les retenant sur tout le début !

Fougères arborescentes

Une fois en bas, on prend le ferry pour rejoindre l’île de Bali.

Arrivée a Bali

Bali la touristique, Bali l’hindouiste, voila encore une autre facette de l’Indonésie. Des milliers de touristes ont beau visiter l’île, a vélo on passe par des endroits peu visités et on fait des rencontres sympa, avec des gens qui ne voient pas beaucoup de blancs. La route est assez sympa, et le trafic est au départ moins pire que ce qu’on attendait.

Et on fait même une nuit en cellule. Si si ! Comme on trouve pas d’endroit, on demande a un poste de police si on peut mettre la tente, et tout naturellement, ils nous conduisent aux geôles ! Ça tombe bien, dehors il pleut ! On accroche la moustiquaire aux sombres barreaux…

On rêvait d’aller en Australie par les terres. On imagine souvent l’Australie perdue loin de tout dans l’océan, mais en fait, de Singapour a Darwin, au nord de l’Australie, on peut faire presque tout le chemin par les terres, en sautant d’île en île jusqu’au Timor, a seulement 600 km de Darwin. Mais il y a le rêve et la réalité, et le temps limité du visa, la fatigue de l’asie et des routes indonesiennes et la fin approchante de notre budget nous ont fait renoncer (difficilement) au projet de rejoindre le Timor. On s’emvolera donc de Denspasar au sud de l’ile…

On s’approche de Kuta, la ville ultra-touristique de Bali. Le trafic s’intensifie et devient vraiment horrible sur la fin. Kuta, c’est vraiment particulier, des milliers d’australiens y viennent chercher des vacances avec soleil et vagues pour par cher. Aucun intérêt pour la culture locale. Des blancs partout dans la rue, des restau 10, 20 fois plus cher que dans le reste de l’Indonésie (ce qui est toujours bien moins cher qu’en Australie), des magasins modernes, et on peut pas marcher dans la rue sans se faire agresser par des vendeurs. Des rues très étroites, avec du monde partout. Pas très agréable comme séjour ! Dans la court d’une petite guest house, on passe deux jours a nettoyer les vélos, les démonter, et les faire rentrer dans deux cartons trouvés dans un magasin de vélo. C’est notre premier vol avec vélo, et c’est un peu stressant !

A ce stress s’ajoute l’éruption du volcan Sangeang, plus a l’Est, dont les immenses nuages de cendres bloquent tous les vols passant par Darwin, puis la plupart des vols de Bali. On l’a apprit par hasard en regardant tv5 monde ! On surveille chaque jour les dernières infos sur le site de jetstar, la compagnie aérienne. Il y a un vol par jour Bali Darwin, et 3 de suite sont annulés, jusqu’au 2 juin. Nos billets étaient pour le 3… et c’est le premier vol a ne pas être annulé ! Le type de l’hôtel accepte pour un prix très raisonnable de nous amener a l’aéroport et peut tout faire rentrer dans sa grosse voiture. Parfait !

Préparation des vélos…

dans l’aéroport international

On a plus qu’a attendre notre vol a 1h du mat, qui nous emmènera hors d’Asie, vers de nouveaux horizons a travers l’Australie !

10 Responses to Java et Bali, derniers jours en Asie

  1. béné says:

    magnifique

  2. Doriane says:

    On était en Indonésie le mois dernier… On a penser fort à vous et on aurait aimé vous y voir…
    Nous étions à Jakarta et on est allé sur Lombok…
    Je suis trop triste de ne pas vous y avoir vu !

    • Matthieu says:

      Selamat pagi ! Super que vous soyez allé en Indonesie ! On a été un peu trop rapides pour qu’on s’y croise, dommage… J’espere que ca vous a plus, nous on a pas été jusque Lombok !

  3. Patrick père de Stéphane says:

    Vous continuez à nous faire rêver !

  4. anniethomas41 says:

    J’adore votre voyage. Vos photos sont vraiment belles. Profitez bien du prochain continent et faites attention aux camions en Australie

    • Matthieu says:

      merci a tous les deux ! avec le décalage des articles, on a en fait termine la traversée de l’Australie… et les camions (et autres) nous ont provoques quelques belles frayeurs en effet !!

  5. hujjo says:

    Encore un très bel article ! C’est cool toutes ces choses qui vous arrivent, n’empêche un an et demi déjà, sacré aventure que vous avez entamée !
    Et j’en profite pour vous dire merci pour vos vidéos pour Gae et Jamouck ! Elles étaient superbes !

  6. anne-laure says:

    Merci beaucoup c super joli :) et pas simple d emmener les velos en avion ! Et moi aussi je suis un peu stressee a chaque fois que je vois que vous mettez les velos dans un train ou un bateau ( mais mon stress ne dure pas longtemps car je vois a la ligne d apres que tout va bien ;) )
    Bonne suite de voyage !

  7. rmontolio@laposte.net says:

    pour aniv bernard salut a tous le deux syez heureux! Richard

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