Quotidien vietnamien

Cette fois, pas de paysage spectaculaire ni d’aventure insolite au programme. Simplement un peu de decouverte de la vie quotidienne au Viet Nam.

Hanoi et ses rues grouillantes : pas moyen de rester trente secondes a l’arret avec nos velos sur un trottoir avant qu’un gendarme nous vire, pas moyen de garer son velo dans la rue si on ne va pas dans le magasin qui est devant, et si tu entres dans le magasin ou le restau, tu peux etre sure que ton velo sera bouge 36 fois pendant ton repas par les gardiens, de facon a optimiser l’espace. Bref en gros, si tu sors a velo tu roules. Mais le probleme, c’est que rouler ne s’avere pas plus simple, on se retrouve englouti dans un troupeau de deux roues dans lequel regne la loi de la jungle. Le truc pour passer, c’est de feigner ne pas avoir vu qu’il y avait quelqu’un et de foncer, mais nous c’est pas trop notre truc. Alors on se dit que ca doit etre mieux a pied. Que nenni, les trottoirs sont envahis par les magasins qui presentent leur camelotte ou par les petites tables et tabourets en plastique des restaurants, on se retrouve donc contraint de marcher sur la route, l’univers ou le deux-roues est maitre, et le pieton s’ecrase ! En deux mots, trop de deux-roues tue le deux-roues ^^

Fanny et Vincent, Alex et Jana, Ethan : les velos en force !

On n’est donc pas mecontent de quitter Hanoi, pour decouvrir le visage rural du Vietnam. Toujours dans notre obsession a esquiver les grands axes, notre itineraire nous mene dans des endroits ou le developpement n’a pas encore tout uniformise. On traverse deux villages de montagne ou l’habitat est encore traditionnel. De superbes maisons, dans une vegetation luxuriante, on sent qu’on a passe le tropique !

Notez sur la photo le potager en enclos, ici les betes sont libres, c’est les legumes qu’on enferme, pas bete !

Petit abri sommaire

et grandes maisons dans le même style

et plus rudimentaire encore ^^ (un temps superbe, mais une humidité incroyable tous les matins)

Sur la route, beaucoup de deux roues avec des chargements incroyables. On pensait avoir tout vu en Chine, on ne connaissait pas le Vietnam ! Les animaux en cage : poules, chiens, et même cochons. Ou encore mieux (ou pire, je vous laisse choisir), les cochons fraichements tués et ligotes a l’arrière d’une moto, un de chaque cote, et deux derrière le conducteur. Pas réussi a les prendre en photo, faut venir pour le voir ! Aussi tout plein de vendeurs ambulants, sur motos ou vélos roulant de villages en villages. Du pain, des nattes, des plumeaux, des boites, des paniers et cages en bambou, bref un peu de tout. Et, rythmant nos journées, au petit matin, et en fin d’après-midi, tous les écoliers a vélos, avec leur veste  de survet’ bleu (ou vert) et blanc comme uniforme, le petit frère ou la copine sur le porte bagage. Les hello fusent, les mecs ricanent, les filles sourient, et nous on apprécie !

Euh.. qu’est-ce qu’ils font la ??

Les Viets vivent au pas tranquille des buffles et des zébus. Champs de boue, cultures inondées, le paysage est une pataugeoire géante. On voit de plus en plus souvent des gens vivant pieds nus, autant dans leur champs de boues a travailler la terre ou se détendre en mode « ski-buffling » (pas de photo, mais c’était bien marrant), que sur la route pour ramener les troupeaux. Les buffles et zébus sont également utilises pour tracter les charrettes. Moi qui au début trouvait quand même ces bêtes bien moins gracieuses que les ânes ou chevaux d’Asie centrale, je commence a les trouver de plus en plus charmantes. Et quand un beau matin, je vois que les Viets sont capables de monter « a buffle », en amazone ou dans d’autres positions tout autant sympathiques, je craque.  Elles ont quand même la classe ces drôles de vaches ! Ces techniques agricoles ancestrales deviennent donc pour un temps notre quotidien, c’est fou ce que voyager dans l’espace peut nous donner le sentiment de voyager dans le temps.

La peche, toujours avec des techniques traditionnelles.

Peche a la crevette

De chouettes décors, de bons figurants, ça c’était pour le Vietnam du jour. Le Vietnam de la nuit s’est avéré moins accessible. Ce pays très densément peuple, et très largement cultivé pour pas dire inondé nous complique un peu la tache en matière de bivouac. Chaque soir, on a connu la (o combien) désagréable angoisse du « ou va-t-on dormir ». En fait, c’est fou a quoi tient notre moral. Quand une soirée se passe nickel, on prend direct confiance pour la suite, et a la moindre embûche toutes nos angoisses reviennent d’un coup, on est sur que ce sera la galère assurée pour les mois a venir. Avec le recul, on réalise que la quasi majorité de nos nuits au Vietnam ont en fait été de très belles expériences, mais sur le moment on avait qu’une idée en tête, atteindre le Laos au plus vite, en espérant que les nuits y seront plus simples. Pour ceux qui n’auraient pas lu mes légendes interminables sur la carte (pour une fois que je m’y colle, paraîtrait que je fais trop long ;), voila un petit concentré de nos péripéties vespérales.

28 décembre, hospitalité 54 : après trois ou quatre refus pour mettre la tente (mazette, dur dur le Vietnam, ça faisait un bail que ça ne nous n’était pas arrivé ça), on trouve enfin une famille qui accepte. Tout le village se rameute pour essayer de converser. Beaucoup de rires collectifs, pas évident. Un passage aux toilettes (au milieu d’une porcherie, sans porte aucune, véridique) fait partir les foules. On arrive donc a profiter de la soirée avec notre famille d’accueil, avec qui on partage un excellent repas. Puis un homme vient nous parler en anglais, nous souhaite la bienvenue, et nous dit que des policiers aimeraient bien nous parler, juste pour nous connaitre, pas d’inquiétude. Il nous explique qu’il est instit, qu’il habite a 40 km, et qu’il va servir de traducteur, étrange. On explique donc notre voyage. Il demande si on est la que pour le tourisme, s’assure qu’on ne vient pas pour propager le christianisme, la question nous amuse, on les rassure a ce sujet. La discussion semble sympathique, mais la sentence est ferme, pour notre sécurité et celle des villageois – mais la notre avant tout – ils vont nous conduire a un hôtel pour passer la nuit. On ne se laisse pas abattre, on explique que pendant tout notre voyage, on a toujours logé chez l’habitant, qu’il n’y a jamais eu de problème, qu’on n’a pas peur pour notre sécurité, etc. Ils sourient, ils comprennent… mais restent fermes. On essaye alors de changer de plan d’attaque, il fait nuit, on n’a pas de phares, c’est dangereux de rouler dans ces conditions. Pas de souci, l’hôtel est pas loin, ils vont vous accompagner, vous éclairer etc. On essaye une ultime tentative : mais on a vraiment un petit budget, on ne peut pas se permettre de se payer l’hôtel toutes les nuits. Ne vous inquiétez pas, c’est pas cher. Bon, ils restent aimables jusqu’au bout, alors on finit par capituler, un peu dégoûtés. On roule 2-3 km avec notre escorte jusqu’à l’hotel. Une maison toute simple au milieu de rien, on n’aurait jamais pu deviner. Les flics discutent avec l’aubergiste, passent des coups de fil, et l’instit finit par nous traduire de ne pas nous inquiéter, qu’on n’aurait pas a payer, qu’on pourra repartir demain matin, sans avoir a se préoccuper de quoi que ce soit. Sympa !

30 décembre, hospitalité 55 : l’occasion pour moi de raconter la soirée type qu’on a pu vivre a chaque accueil dans ce pays. On nous installe d’abord a une petite table et nous sert un thé. Un thé très très amer, servi dans des tasses minuscules. On trinque, on boit une petite gorgée, puis tout le reste d’un coup, et on enchaine, tasse sur tasse. Comme la nuit tombe vraiment tôt en ce moment, et qu’on s’arrange pour ne pas rouler de nuit, il y a toujours un temps relativement long entre le thé et le diner. L’occasion pour nous d’observer un peu leur lieu de vie. Des intérieurs plutôt bruts, un carrelage au sol chez les plus riches. On a repéré, systématiquement, sur les murs de la pièce a vivre, un portrait de Ho Chi Minh, ainsi que des grands poster de mariage avec un sublime photomontage installant nos protagonistes dans des paysages paradisiaques. Quand arrive l’heure du repas, on installe une natte sur le sol, on se déchausse et prend place. Un rice-cooker est apporté, le riz est servi dans des bols avec une large spatule en plastique, on mange toujours avec des baguettes. Au milieu de la table divers plats de viande, oeufs, tofu, légumes. Le père de famille remplit notre bol au fur et a mesure de ces divers aliments, si l’on n’en reprend pas assez vite a son gout. L’ambiance est simple et détendue. Une fois de plus, quand arrive le moment ou je demande ou sont les toilettes, les choses se compliquent. Véritable expédition : on ressort de la maison, monte a la route, passe dans la maison d’a coté, on me dégote un rouleau de pq, je redescend coté jardin, on passe au coté de poules, cochon, canards, zebu, et buffle. Un chien monte la garde devant le trône. Qui s’avère être en fait un minuscule trou, dans le noir c’est pas simple. Enfin, on en revient vivant ! On nous installe une natte pour dormir, par terre ou sur un sommier de bois. Avec une moustiquaire. Ca y est, on est en zone a risque, brrr…

Nos hôtes d’un soir, au petit matin :

Et c’est donc au Vietnam qu’on termine en toute beauté cette année 2013. La fin d’année s’annonçait pourtant plutôt mal : un rapide passage au cyber nous apprend que l’amie qu’on se réjouissait de retrouver au Cambodge rentre plus tôt que prévu en France, une moto avec remorque nous renverse et se marre, rien de très grave au final, mais une bonne frayeur. On s’énerve, on proteste, on jure en bon français, mais ça ne fait que rameuter les foules et provoquer les rires. On redresse les vélos et reprenons la route furieux, pour atteindre la ville, dans l’idée de se poser manger un bol de riz pour retrouver nos esprits. Mission impossible ! On roule toute la journée au milieu de rizières, mais pas moyen de trouver un « cơm » (riz). Les restaus ne nous proposent que des plats très sofistiqués, qui ont l’air bien bon, mais qui explosent notre budget. On continue donc sans avoir mangé et sans s’être remonte le moral. Pourri pour pourri on n’a même plus envie de chercher a faire quelque chose de spécial pour le réveillon. Plus qu’une idée en tête, foncer dans une chambre d’hôtel, même pas pour fêter, juste pour se consoler. Mais même ça, c’est compliqué. On en a pourtant vu tout au long de la journée, mais la nuit tombe et on a encore rien trouvé. Le moral dans les chaussettes, on continue de rouler, en silence. Et la, faut croire que la malchance avait assez duré, on passe devant un porche avec une grande illumination « noël 2013 ». Une ampoule s’illumine alors dans notre tête : on a aperçu une église au bout du terrain. On s’approche a la recherche de quelque’un pour demander si on peut mettre la tente pour une nuit. Avant même qu’on ait eu le temps d’imaginer la réponse, un homme nous fait garer les vélos, nous conduit a une chambre, et nous annonce en anglais : la messe est a 18h30, et après on sera ravi de vous inviter a diner. Wahou ! On savoure « il est né le divin enfant » entonné en vietnamien, et nombreux autres chants a plusieurs voies dans une église toute ouverte, toute en travaux, bien froide mais si chaleureuse. S’en suit un délicieux diner avec le curé, deux jeunes séminaristes jouant les interprètes (l’un parlant un peu français, l’autre anglais), et deux maçons travaillant a la rénovation de l’église. On trinque a l’alcool de riz. Happy new year ! Bonne année ! Chúc mừng năm mới ! On va se coucher a 21h, claqués, mais heureux. Apres avoir feté Noel entre amis, on aura donc célébré le nouvel an a l’église !

Phero, jeune séminariste plein d’enthousiasme avec qui nous passons le nouvel an.

Le reveil a 6h pour  feter le nouvel an heure francaise partager le petit déjeuner avec nos hôtes, on reprend la route tout pimpant, et on entame finalement 2014 en grandes pompes :

3 Responses to Quotidien vietnamien

  1. hujjo says:

    Oh le traitre de compteur de dénivelé ! Bonne année à vous aussi ! Et d’ailleurs, vous vous êtes pas trop foulés ! Vous prenez l’ascenceur dès que ça monte un peu ?

    • Sara et Matthieu says:

      Lol ! On s’était plutôt dit l’inverse, que si ça se trouve on en était aux 200 000 !

  2. Myriouf says:

    ah lol j’avais raté un truc quand j’avais vu la vidéo je n’arrivais pas à avoir le son et du coup je m’étais pas aperçue du zéro! hhhhh

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