Au pays des sabaïdi

Il est rare que l’on nous salue dans la langue locale. Le plus souvent, on nous sert du Hello a toutes les sauces des accents du monde. C’est toujours un peu frustrant, nous on est motivé, on veut apprendre au moins a dire bonjour, mais c’est dur quand on ne nous lance que des hello. Nouvelle frontière, nouveaux contrastes. Des que l’on entre au Laos, fini les hello un peu lourdaud, c’est de gentils « sabaïdi ! » que les enfants nous lancent maintenant, un grand sourire aux lèvres et en remuant la main. Des bouts d’chou nous envoient même des bisous, si c’est pas mignon ! Sabaïdi, un mot bien pratique puisqu’il veut dire a la fois bonjour, ça va et au revoir. C’est donc la salutation nationale que l on entend partout et qui nous parviens de tous cotés en traversant les villages. Mais alors qu’avec les hello des viets, parfois aimables mais souvent moqueurs, j’avais des fois du mal de ne pas péter un boulon, le sabaïdi des Lao, on ne s’en lasse pas.

D’ailleurs, tout est plus calme ici. Sur la route, pas un klaxon, les voitures se décalent correctement. Et c’est beaucoup plus facile de camper. Il faut dire que l’on est passe d’une densité de 250 a moins de 30 habitants au km carre et on voit la différence ! Après le gros village qu’est le Viet Nam, j’aime traverser les espaces naturels et la douce campagne lao.

4 janvier, premier jour au Laos. Le soleil a finit par arriver, après la grisaille qui nous a accompagnée pour la montée sur le plateau. 16h, on arrive devant un temple bouddhiste. Un joli parc, c’est tentant.

C’est un peu tôt mais c’est super joli, on aperçoit des moines dans leurs tissus oranges. Si on tentait le coup ? On s’approche, et je tente mon premier sabaïdi. Un peu hésitant, car on n’en a pas encore entendu. Déjà on n’a qu’un phrasebook anglais alors leur guide phonétique n’est pas très clair, et puis, en chine et au viet nam, il n’y avait rien a faire, on ne nous comprenait jamais quand on essayait de prononcer un mot, on finissait toujours par le faire lire. Surprise, il me comprend et répète un sabaïdi presque identique au mien ! On lui montre le « can I camp here ?« . C’est un oui direct, on s’écarte pour mettre la tente, mais non, il nous rappelle et demande a un moinillon de nous faire entrer dans une grande salle recouverte de fresques. Une natte est étendue au sol. On s’installe un peu et les jeunes moines s’approchent de nous. Premiers échanges. Puis ils débarquent avec leurs cahiers d’anglais, essaye des phrases, nous demandent des mots… c’est parti pour une leçon mutuelle anglais – lao qui va durer toute la soirée !

Nos p’tits moinillons

Une nuit sous les fresques

Les chants des prières nous bercent en soirée

Le matin ils partent de bonne heure. En repartant, on les croise a nouveau dans le village. A la queue leu leu, leur pot d’aumône en bandoulière, pieds nus. Tres sérieux, ils nous saluent avec un peu de distance, ça fait drôle après avoir vu l’ambiance decontractee a l’intérieur du temple. C’est génial ces temples, il y en a vraiment beaucoup, tous les 5 km parfois. On y plantera la tente plusieurs fois par la suite.

Chine et Viet Nam avaient au fond plus de points communs que de différences. C’était a notre insu une bonne transition pour découvrir l’asie du sud est ! En entrant au Laos les différences sont plus marquantes. Les premiers villages sont saisissants. Toutes les maisons sont sur pilotis, le plus souvent tout en bois, certaines font plutôt cabanes. Les enfants en guenilles. Le teint plus fonce. Et surtout, les habits traditionnels. On retrouve les tissus colores et l’exotisme dans les tenues. Les femmes portent de jolies jupes longues, droites, souvent unies avec une bande de motifs en bas. (du coup, la position préférée des laotiennes, c’est en amazone. Au moins a l ‘arrière des motos…) Le riz collant, cuit a la vapeur dans de magnifiques paniers (clin d œil a Jeannot, meme pas besoin de se ramener un souvenir !), qu’on mange a la main. Les cars, qui sont plutôt des camions transformes en car, pleins a craquer, des gens debout a l’arrière voire sur le toit avec les bagages, nous offrent des visions presque africaines. Un magnifique alphabet. De belles poubelles aussi, 100 % vieux pneu michelin. Les gros cochons noirs qui se promènent sous la maison. Les tenues proprettes des écoliers, noir et blanches, qui nous rappelle le Kirghizistan. Des poules aux couleurs très variées, et des coqs superbes enfermés sous une large cloche. On entend leur cris tous les matins. Mais le ramage ne vaut pas le plumage, et alors que les derniers co du cocorico s’élèvent fièrement chez les coqs de nos contrées, ici c’est un bref et assez ridicule co qui achève leurs cris.

Fabrique de poubelles en vieux pneu de camion

C’est facile de camper, surtout avec ces temples, et du coup, une semaine après, on a toujours pas rencontre une seule famille lao. Bon, il y a les bonjours, les relations commerciales, mais c’est pas vraiment des rencontres, ça. Quand il est plus difficile de passer la nuit, on est oblige d’aller demander chez des gens, et du coup ça nous apporte énormément. C’est la qu’on découvre toutes les petites habitudes, ces détails qui changent d’un pays a l’autre mais qui sont exactement les mêmes chez tout le monde a l’intérieur d’une région, c’est la que l’on essaye de communiquer et qu’on apprend un peu la langue. Ça nous apporte énormément, mais ça nous demande un effort pas facile, alors quand on peut camper, on se rend compte qu’on rencontre beaucoup moins la population, qu’on les côtoie sans du tout savoir comment ils vivent. On est un peu déçu de ne pas avoir encore réussi a voir le quotidien d’une famille. Alors on essaye une fois, et une gentille mamie de 72 ans nous accueille. On goûte a la chair acidulée des tamarins et on voit enfin de près la cuisson du riz !

Cuisson du riz vapeur au charbon de bois

Confirmant nos premières impressions la langue nous semble plus accessible que dernièrement. En lisant une phrase, on nous comprend assez vite, surtout les enfants qui sont toujours plus vifs a comprendre nos écarts de prononciations. Peut-être ont-ils l’esprit plus ouvert aux différences, en pleine découverte du monde, avant de se refermer sur un modèle ? Du coup, on peut demander combien ça coûte et comprendre le prix, ou comprendre les ages et dire les nôtres (le fait que Sara soit plus âgée fait toujours autant rire), ça va pas très loin, d’accord, mais c’est toujours ça !

Au Laos, la Beerlao coule a flot

Cocotiers

Petit marché

A Thakhek on a rejoint les berges du Mékong. Un nom qui transporte, mais en fait ici rien de spécial, juste de l’eau marron sur 1 km de large. On rencontre par hasard Stéphane et Manue, marrant, on suivait déjà leur blog mais on les croyait loin devant ! Puis on avale assez rapidement les kilomètres sur la jolie petite route 13, descendant le Mékong jusque Paksé ou on est actuellement, et ou d’ailleurs on les retrouve a nouveau.

Jus de coco au bord du Mékong

En face, c’est la Thailande

Au programme, repos et préparation de la suite !

6 Responses to Au pays des sabaïdi

  1. anniethomas41 says:

    Je trouve vos photos très belles. Suivre 2 blogs commence à prendre du temps mais on a toujours plein de plaisir à vous lire
    j’ai beaucoup ri avec le compteur heureusement que vous avez filmé la progression sinon personne ne vous aurait cru.

  2. hujjo says:

    Magnifique pays !

  3. yannick says:

    Et sinon, sur les positions préférées des Laotiennes autres qu’à l’arrière des motos, vous en savez plus?

    • Sara et Matthieu says:

      On voit ce qui t’intéresse ^^
      Blague à part, heureusement le Laos ne subit pas autant le tourisme sexuel que son voisin outre-mekong.

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