Chine : de ville en ville

En Turquie :
– « Nereye ? »                                          (vers où ?)
– « Çin’e kadar ! »                                    (jusqu’en Chine !)
– « Maşallah ! »                                         (expression admirative)

Caucase et Asie centrale :
– « Kуда ? »                                                (vers où ?)
– « На Китай ! »                                          (en Chine !)
– « Молодец ! »                                          (expression admirative)

Pendant des mois, on l’a annonce des centaines de fois sur les routes.
Et maintenant, nous y sommes : la Chine !

« Comme on arrive par les terres, dans le Xinjiang, on aura une transition entre la culture de l’Asie centrale et celle de Chine avec le peuple Ouïgour. » Quels naïfs ! En traversant les 7 km de no-man’s-land entre les poste-frontières du Kazakhstan et de la Chine, c’est tout comme si l’on atterrissait après des heures de vol !

Premières impressions

Xinjiang ? Ouïgour ? Pour ceux qui connaîtraient aussi peu la Chine que moi avant d’y arriver (si c’est possible), je vais essayer de donner quelques éléments clés ! La Chine, c’est grand. La taille des Etats-Unis ou du Canada. Alors on parle beaucoup des Provinces qui correspondent plus ou moins a des entités géographiques et culturelles. On entre dans celle du Xinjiang, une immense région juste au-dessus du Tibet. C’est la région de la minorité Ouïgour, un peuple très proche de l’Asie centrale, musulman et qui parle aussi une langue turque ! (qui malheureusement s’écrit en arabe, alors nos quelques restes de turc ne nous aident pas beaucoup !)

Panneaux bilingues chinois – ouïgour

Quand on parle des chinois, on parle en fait des Han, l’ethnie majoritaire (et a peine colonisatrice). Mais il y a aussi tout plein de minorités, principalement dans l’Ouest. Les tibétains bien-sur, et juste au-dessus, les Ouïgours. Dans le Xinjiang, il y a régulièrement des conflits entre indépendantistes et autorités chinoises. Mais la première stratégie de Pékin reste la domination démographique, et les ouïgours sont vite devenue une minorité même dans leur région durant les dernières années. (Je peux dire ce que je veux, les blogs wordpress, comme la plupart des grands sites sociaux, sont DÉJÀ censurés en Chine). Ce qui fait que malgré nos belles idées de transition douce, pas de doute, on est déjà au cœur de la culture chinoise.

Notre projet est de rouler jusqu’à Urumqi, la capitale du Xinjiang. Mais très vite, on n’a pas d’autre choix que d’emprunter une grande autoroute moderne : bienvenue en Chine, où les réseaux routiers se développent a vitesse accélérée : quel contraste avec l’état des routes en Asie centrale ! Le franchissement de la dernière chaîne de montagne du Tien Shan se fait donc ou sous-terre ou dans les airs !

Bon, rouler sur une autoroute, c’est pas le plus rigolo qu’on ait fait. Et nos jours en Chine sont comptes. Alors, la montagne franchie, on accélère la traversée du désert et des champs de coton en sautant dans un car pour Urumqi. Enfin, « sauter dans un car » ne reflète pas précisément la galère que ce fut pour trouver la gare routière, acheter des tickets, comprendre l’heure de départ, ni le stress de savoir si on pourra mettre nos vélos dans les soutes… Mais tout se passe bien, et quelques heures plus tard, la route circule entre des gratte-ciels, et les voies rapides s’entrecroisent sur plusieurs niveau les unes au-dessus des autres : notre première mégapole chinoise.

Urumqi n’a plus grand chose a voir avec la jolie ville sur la route de la soie qu’elle dut être ! Notre accélération imprévue ne colle plus avec l’emploi du temps de notre hébergeur Warm Showers, on va donc en auberge de jeunesse. Peu d’occidentaux s’aventurent dans ce Far West chinois, surtout en cette saison (il commence a faire bien froid). L’auberge est donc remplie uniquement de voyageurs chinois en quête d’exotisme, et le staff (comme on dit) ne parle pas anglais. On n’obtient donc pas l’aide espérée pour acheter le billet de car suivant. On rentre bredouille de notre tentative a la gare routière. « Vous parlez pas chinois ? au suivant ! ». C’est la qu’interviennent deux voyageurs franco-suisses : l’un peut contourner la censure sur son portable et nous permet de mettre a jour notre blog (au grand soulagement des millions de lecteurs qui nous suivent), l’autre parle couramment le mandarin et vient avec nous acheter nos tickets ! Sans visiter beaucoup de choses, on trouve quand même le temps de la sillonner pendant des heures a la recherche vaine d’un adaptateur électrique (avant de s’apercevoir 2 jours plus tard que, en fait, ça marche sans) et de se balader dans le quartier ouïgour. Probablement suite aux dernières émeutes (au mois d’août), il est quadrille par des dizaines de patrouilles de CRS-Playmobils verts.

Que la communication est difficile ! En 5 mois en ex-URSS, on a eu le temps de se familiariser un peu avec le russe. Mais au quotidien, chaque conversation était vite limitée par notre niveau, ce qui nous confrontait toujours à la frustration de ne pas pouvoir communiquer plus. C’est là, en entrant en chine, qu’on se rend compte au contraire tout ce que l’on était capable de dire ! Du jour au lendemain, plus rien ! Même un mot universel comme Internet ne marche pas. Ce qui est rigolo, c’est qu’ils ne conçoivent pas qu’on puisse ne pas parler chinois. Alors on nous parle pendant 5 minutes malgré toutes nos mimiques censées montrer l’incompréhension. Une fois qu’ils ont enfin pigé, il y en a toujours un qui a une idée lumineuse et revient avec un papier et un crayon et se met à nous écrire quelques chose en caractères chinois. Ou, quand ils comprennent qu’on ne peut pas lire le menu du restaurant, ils nous donnent une feuille pour qu’on leur écrive ce qu’on veut. Hum… Pour les chiffres, on est doublement perdu, car quand ils voient qu’on ne comprend pas, on nous annonce le prix avec les mains. Mais les chiffres ne se font pas de la même manière que nous, ce dont ils ne se doutent pas un instant ! Alors, quand ils voient que même avec les mains on ne capte toujours pas, on nous regarde d’un air navré et on nous montre enfin le chiffre. Ouf, ils utilisent majoritairement nos chiffres, et pas ceux en caractères. Parfois, devant leur insistance à vouloir nous écrire des choses en chinois, on finit par leur écrire un truc en français, par exemple « je ne sais pas lire le chinois ». Et alors, c’est l’hilarité. On secoue la main. Ah ça non, on comprend rien ! Comment peut-on écrire avec un système si loufoque ?

Alors, évidemment, chaque petite action du quotidien se transforme en une aventure dont l’issue est toujours incertaine. Oh, il ne s’agit pas de démarches compliquées : réserver un train, prendre le bon bus ou seulement acheter à manger, voilà de vrais défis ! Alors on revoit sans cesse nos ambitions à la baisse, on se limite à un seul petit objectif par jour. Essayer de se réjouir de chaque petite victoire plutôt que de se lamenter sur nos nombreux insuccès.

Dans les rues d’Urumqi

Saut de puce suivant : 25h de bus à travers le désert, allongées en 30h pour notre plaisir, pour rejoindre Lanzhou, dans la province du Gansu. En plein centre du pays. C’est le seul tronçon qu’on avait prévu de ne pas faire à vélo depuis longtemps. On espérait pouvoir ensuite descendre à vélo jusqu’en Asie du Sud-Est. Mais Sara n’a que 30 jours de visa (et moi 60, c’est malin…) et le renouvellement n’étant pas gagné d’avance, on préfère être assez proche de la frontière, au cas où. On revoit donc rapidement nos ambitions à la baisse, et on enfile nos bottes de sept lieues pour une traversée motorisée du pays. Mais, faire du « back-packing » avec des vélos à trimbaler, ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple. Du coup, on limite drastiquement le nombre des étapes, en faisant seulement quelques grands sauts de ville en ville. Ceci nous laisse en revanche le temps de faire des longues pauses pour visiter les « sites à voir ». Avec tant de difficultés à gérer (et aussi avec de la malchance) on ne réussi pas à utiliser les réseaux d’hébergement, on va à chaque fois en auberge de jeunesse. C’est d’un cote reposant et confortable de ne pas avoir à se soucier de l’hébergement, de l’autre, avec en plus le transport et les visites, on voit notre budget descendre à vitesse accélérée, ce qui nous inquiète pour la suite. Va-t-on réussir, en Chine ou en Asie du Sud-Est, à retrouver le mode de vie que l’on aime, se déplacer à vélo, dormir sous la tente ou chez les gens ? Cette période n’est donc pas tout les jours facile et pleine d’appréhension.

Lanzhou, une ville industrielle, tristement connue pour sa pollution atmosphérique. En effet, malgré le beau temps, les immeubles nous apparaissent toujours dans une sorte de brouillard qui rend la ville assez terne. Deux jours de pause, le temps de préparer le transport suivant et de se balader un peu. Le fleuve jaune, la colline de la pagode blanche… mais la meilleure occupation reste la simple observation de la rue, où le moindre stand de nourriture devient objet de curiosité et où les véhicules de toutes sortes provoquent notre admiration par leurs chargements fantaisistes ou volumineux. Au marché, on reste saisi devant tant de légumes étranges, ou par la fabrication des nouilles à la main. Découverte des temples bouddhistes, aussi, et leurs gros Bouddhas à l’air hilare.

Le fleuve jaune

 9 h de train, et nous découvrons subitement la chine touristique à Xi’an. Une ville dont le modernisme nous frappe dès la sortie de la gare. Un beau centre-ville avec des rues commerçantes pleines de chaines occidentales, un joli métro, des milliers de touristes (surtout chinois). Au milieu des immeubles récents, quelques bâtiments anciens et des remparts rectangulaires qui encadrent le centre-ville font la réputation de cette ancienne capitale de la Chine. L’anglais tout à coup devient courant, on peut même comprendre les menus ! Un quartier musulman très animé. Et LE site touristique du coin, l’armée de terre cuite. Découverte seulement en 1974, c’est une armée de plusieurs milliers de guerriers grandeur nature qui gardent la tombe de l’empereur Qin, construite il y a plus de deux mille ans. Certes impressionnant, mais le nombre de touristes et les infrastructures qui vont avec ôtent toute émotion. Nos fausses cartes étudiant faites maison marchent très bien : dès qu’ils voient que ce n’est pas en chinois, ils rigolent et nous les rendent tout de suite ! Moitie prix, 15 euros d’économisé rien que pour ce site ! Car en Chine, on paye pour avoir accès à tout, et cher.

Quartier musulman grouillant

Brochettes à tout ce que l’on veut

Une tour sur les remparts

La fameuse armée de terre cuite

Nous restons sur les circuits touristiques en descendant à Chengdu, capitale du Sichuan. On est tout de suite séduit par cette ville. Après le stress des premiers transports et la déception de certains attrape-touristes de Xi’an, il faut aussi dire que l’on gère mieux notre séjour à Chengdu. On parvient même au summum de la bonne organisation en parvenant à visiter le même jour deux temples situés à l’écart de la ville, sans avoir pourtant pu retirer aucune info du jeune staff de l’auberge qui ne sert qu’à envoyer tout le monde sur les mêmes activités organisées. Des temples pas cher, magnifiques et sans touristes, qui font notre bonheur. Dans les rues de la ville, on apprécie les scènes quotidiennes de mah-jong sur les trottoirs ou de danses dans les parcs publics ! Des parcs d’ailleurs très agréables, car en descendant ici, la végétation est soudain devenue verte et luxuriante. Seul hic : le Sichuan n’a pas volé sa réputation, ici on mange très, très, très pimenté. Des fous de la capsaïcine ! On essaye d’être vigilant, mais on se fait avoir plusieurs fois par surprise.

Il est temps de révéler la vrai nature du chinois. La première fois que l’on essaye de manger un plat dans un petit restaurant, on nous sert des nouilles… et des baguettes. Pris au milieu de tant de nouveautés d’un coup, j’avais complètement oublié cette particularité. Adieu fourchettes ! Ne sachant pas du tout comment s’y prendre, on essaye comme on peut de manger nos spaghetti. On imagine alors que les autres doivent trouver notre prestation pas très distinguée. On ne connaissait pas encore les chinois. Contrastant avec la finesse de leur calligraphie et de leurs baguettes, les chinois ne sont pas très fins, eux. L’image que j’avais des baguettes, élégance et agilité, était totalement fausse. D’agilité il n’est pas nécessaire puisque se nourrir consiste ici à baisser la tête quelques centimètres au dessus de l’assiette de manière à transférer la nourriture dans la bouche, moitié poussant avec les baguettes, moitié aspirant dans de grands bruits de succion. On n’avait pas encore eu non plus l’occasion de partager car ou wagon avec un troupeau de ces élégants chinois. Un chinois, ça rote et surtout ça crache. Ça crache tout le temps, avec cet énorme raclement de gorge à vous faire sursauter 20 fois par jour. Charmant  concert organique.

Partie de mah-jong en cours sur le trottoir.

Beaucoup de visites de temples

Plus beaux les uns que les autres

Aux détails travaillés

Allumage de l’encens

Des couleurs vives

Un quartier commercial ultra moderne

A Chengdu, l’attraction, c’est le centre de reproduction des pandas. Comment ne pas craquer devant ces gros nounours noir et blanc ! Et cette image est vendeuse. On trouve des boutiques entièrement consacrées à tous les objets possibles représentant le trésor national.

Une étape de deux jours à Leshan, un peu plus au sud, pour prolonger le visa de Sara. Cette ville sympathique est connue pour deux choses : par les gens normaux pour le Grand Bouddha, une impressionnante sculpture de 71 m de haut taillée directement dans la montagne. Par les voyageurs pour être le meilleur endroit où renouveler son visa. On ne peut que confirmer. Contre toute attente pour une démarche administrative de ce genre, on est accueilli dans un grand bureau par une jeune femme à la fois charmante et anglophone. Aucun papier demandé, visa obtenu le lendemain, et surtout, prolongé à partir de la fin du premier visa ! C’est déjà fini ? Pas de galère de photo, de banque, d’hôtel, aucun souci ? J’ai envie de lui sauter au cou mais elle est déjà passée à autre chose. Incroyable !

Crochet par la falaise des 1000 bouddhas a Jiajiang

Même sur un site aussi touristique, rencontrer un Blanc (d’autant plus s’il est barbu) est un grand moment :

Photo souvenir !

Apres un court passage de retour a Chengdu, on embarque dans le dernier train pour Guilin. Encore plus que les fois précédentes, la gare de Chengdu Est a des allures et des dimensions d’aéroport. 25h, mais cette fois on se paye le luxe des couchettes : on est tellement bien qu’on y resterait 3 jours !

Et maintenant, on remonte sur nos vélos pour partir à la découverte du Guangxi. Fin de la parenthèse !

(comme d’habitude, beaucoup plus de photos dans l’album !)

11 Responses to Chine : de ville en ville

  1. Myriouf says:

    poung !
    merci pour ces impressions que l’on attendait avec impatience! (enfin, moi)

  2. Deplanques Michel says:

    que d’émotions en vous lisant ,j’admire votre courage et volonté de parcourir ce monde avec toutes ces incertitudes du lendemain je vous dit un grand bravo et merci de nous faire vivre votre aventure

  3. MarinaK says:

    J’ai beaucoup rigolé en lisant le paragraphe sur les baguettes!  » Un Chinois, ça rote et surtout ça crache  » …Bienvenue en Asie les amis!

  4. hujjo says:

    C’est magique !

  5. béné says:

    un vrai voyage pour nous…je pense bien à vous, courage pour la suite

  6. béné says:

    les photos sont superbes et tellement dépaysantes

  7. Ananas says:

    Je rejoins mes co-commentateurs du blog et moi aussi :  » Merci », « j’admire votre courage et votre volonté », « j’ai beaucoup rigolé en lisant le paragraphe sur les baguettes », « c’est magique », « un vrai voyage pour nous », « les photos sont superbes » !

    MERCI BEAUCOUP !!!
    Que de découvertes de pays en pays ! Et c’est pas fini……bonne suite !

    Cette année vous passerez noël au balcon et pâques au balcon !
    Et l’année prochaine…………..aussi ! WAAAAAOUH !!!

  8. Deplanques Michel says:

    Bonjour Sara et Mathieu ,je viens de recevoir votre carte,partie de Chine le 11/11/2013 arrivée le 13/12/2013 ,je vous remercie et je vais la garder précieusement ,un très beau souvenir pour moi et beaucoup d’émotions en la lisant
    Merci ausssi de ces belles photos et du récit que vous nous faîtes de votre aventure Je vous admire !!!!
    Passez de bonnes fêtes dans ce pays lointain….et mystérieux

  9. Alain & Marie says:

    Bonjour, Matthieu et Sara
    Nous venons de recevoir votre carte de Chine, et sommes très heureux : vous nous donnez au fil des jours une leçon sur le sens du voyage. Nous vous avons assez régulièrement suivi au cours de votre merveilleuse route vers l’Est . Félicitations pour les commentaires, et pour les magnifiques photos, par lesquelles nous partageons un petit peu de votre voyage. Vous aussi, vous nous avez laissé un excellent souvenir et nous parlons de vous avec Emmanuelle qui vous a suivi de son côté. Il y aura toujours un bon plat de chez nous qui vous attendra ici, au Teil ! Nous envisageons de partir en 2015 pour six mois vers la Turquie.
    Notre meilleur souvenir à tous deux,
    Alain & Marie

  10. Bernard says:

    J’ai bien riz du récit de vos tribulations avec vos deux « maChine »s
    Vous roulez bien et n’êtes pas des mauViets
    Ha long bon ! vous voici donc au Vietnam et là, on nem ou on n’aime pas…
    Au fait le cours du nem est-il à Laos ?
    Vous voila maintenant sur la route du Seigneur des Hanoï.
    Ceci Ethan, entre temps, loin de vous la grande tribu, s’est agrandie.
    Noël aux dragons, Pâques à Hong-Kong ?
    En tous cas, Joyeuses Fêtes loin des vôtres;
    Et puis vous aurez la chance d’être sept heures durant en 2014 tandis que nous serons encore en 2013 : ça va pas être commode pour s’envoyer des mails à Minuit !

  11. Matthieu says:

    Merci beaucoup pour tous ces petits mots, toujours un vrai plaisir a lire !!!

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