Plateau d’Oust-Ourt et mer d’Aral

De Beyneu a Moynaq, 5 jours, une petite semaine mais tellement remplie ! Un plateau totalement plat et désert, le plateau d’Oust-Ourt (Ustyurt platosi), et un crochet pour traverser une partie de la mer d’Aral asséchée. Des étapes éprouvantes sous le soleil de juillet, mais vraiment exaltantes. Nos plans ne sont pas arrêtés, au départ, on avait même l’intention de faire du stop pour traverser le désert. Puis jours après jours on prend notre petit rythme et l’organisation se fait un peu toute seule. Des le premier jour, nous sommes enchantes. Il faut dire que nous sommes chanceux : un vent de dos constant nous aide beaucoup ! Une étape forte en émotions et en découvertes, qui nous fait vite passer au-dessus de la difficulté du train.

Impose par le climat, notre rythme s’installe spontanément, et on le gardera plus ou moins pour tout l’Ouzbékistan. Ici on ne  raisonne plus les étapes du matin au soir, mais du soir au matin. Le point important, c’est d’avoir un endroit ou se protéger de la chaleur et du soleil au milieu de la journée. Quand aux nuits, aucun souci, il suffit de s’arrêter quand il fait sombre et de planter la tente au milieu de cette immensite dénudée. Alors les journées se deroulent toutes a peu pres a ce rythme : départ entre 18 et 20h (selon la duree de l’étape). Quand il fait trop sombre pour rouler, vers 22h, on s’ecroule dans la tente, sans vraiment prendre le temps de manger, trop fatigues, ni meme de profiter du ciel nocturne le plus beau qu’on avait jamais contemple, ou le scorpion lumineux repond a ceux qui vivent par ici. Réveil a 4h ou 4h30, démontage rapide et on profite de la fraicheur matinale. Arrivée vers 10 – 11h.  Récupération, repos et nourriture en attendant la fraicheur du soir pour s’attaquer a la prochaine étape.

Etape 1. Beyneu – Aqjigit, 52 km.

On a quitte Beyneu la veille de nuit (et sans lampes). Depart 5h, direction Sud-Est, vers la frontière ouzbeke a 80 km de la. Brusque dépaysement. D’abord un peu de mauvais goudron, puis une large piste (assez mauvaise avec de la tolle ondulée – cauchemar des cyclistes – et des cailloux, mais souvent une étroite bande correcte tout au bord), file tout droit au milieu de la steppe aride. Beaucoup de chameaux et quelques dromadaires, quel enchentement !

Entre Beyneu et la frontière, 80 km de piste

Fin de matinee, arrivée a Aqzhigit, dernier petit village kazakh. Une chance, une famille nous invite a nous reposer chez eux pour l’apres-midi, et nous assistons a la préparation d’un mariage pour le lendemain.

Repos et excellent the au lait de chamelle

Cuissons des boortsogs, beignets frits.

Etape 2. Aqjigit – Karakalpakstan, 47 km.

Des que le soleil n’est plus aussi brulant, nous reprenons la piste. Magnifique soirée en plein milieu du désert !

Seuls au monde

Enfin, pas tout a fait !

Arrivee tot au poste frontière. Malheureusement, il faut attendre son ouverture. Mais agréable moment avec deux hollandais en jeep qui nous offrent un cafe, et Philip, un cyclo bulgare croise rapidement a Beyneu. Alors, les formalités faites, on reprend la route a 3 !

Cote ouzbek, on retrouve le goudron !

Ben oui, on n’a pas de belle bosse comme toi, nous…

Au premier hameau ouzbek, on s’arrete pour l’apres-midi dans une Chaykhana (maison de thé).

Etape 3. Karakalpakstan – Djasliq, 142 km.

Etape 4. Djasliq – Komsomolsk na Ustyurte, 60 km.

Grace au russe courant de Philip, on obtient des infos intéressantes a la chaikhana de Jasliq : une piste partirait d’ici tout droit vers Komsomolsk, et il serait possible de rejoindre ensuite Moynaq en traversant le fond de la mer d’Aral. Sur nos cartes, rien du tout. Très peu d’infos sur l’etat des pistes. Aller, on se lance dans l’aventure ! 20h, on change d azimut, plein Est sur la mer d’Aral.

Impossible de se perdre, il n y a qu a suivre une ligne électrique.

Invitation tres agréable, on peut dormir quelques heures et on est très bien nourris !

Au menu, plov a la viande de… tient c’est quoi ? du chameau ? Non, de l’antilope saïga chassée par le grand-pere. Hum, ce serait pas en danger d’extinction cette bete la ? Très bon, en tout cas.

Etape 5. Komsomolsk na Ustyurte – Moynaq, 70 km.

Puis c’est reparti pour le moment le plus fort en émotion de notre petite escapade. On s’élance cette fois sur des petites pistes peu marquées au beau milieu de la steppe. Nouveaux points de repères qui nous mèneront jusqu’à Moynaq, les réguliers petits piquets blancs d’un gazoduc.

Au fond, le village de Komsomolsk

On s’eleve un petit peu…

Philip s’exclamant : « Nothing ! »

Et soudain… L’infini aurait-il donc une fin ? On atteint le rebord oriental du plateau, ou de belles falaises et dunes se jettent dans la mer d’Aral. Enfin, se jetaient, il n’y a plus d’eau ici depuis une bonne trentaine d’années. La rive actuelle est a environ 50 km au nord d’ici. Derriere nous, le soleil se couche. Un grand moment !

Bord oriental du plateau et dépression d’Aral

Il n’y a plus qu’a descendre, et avancer au maximum a la lumière du premier quartier de lune, sur le fond désert de la mer asséchée.

Descente…

Falaises vues du fond

Vers 22h30, on plante la tente, au milieu des coquillages. Depart avant le jour.

Lever de soleil dans le fond de la mer

Témoins d’un monde disparu

A mi-parcours, on atteint une station d’extraction de gaz.

Quand on a pris toute l’eau, on passe au gaz.

Et puis, quand même, on est pas venu les mains dans les poches. Voila notre petite contribution pour re-remplir la mer.

Enfin, on arrive a Moynaq, tristement fameuse ville cotiere qui vivait de peche et de tourisme. Image marquante d’un des plus grands desastres ecologiques et humain, les bateaux échoués qui rouillent sur le sable.

Moynaq, c’est la fin du désert et le debut du delta de l’Amu-Daria. Mission réussie ! On profite a fond de ce plov offert (au mouton cette fois) et d’un peu de repos, avant de reprendre la route toujours vers le Sud-Est, vers les villes mythiques de la route de la Soie.

11 Responses to Plateau d’Oust-Ourt et mer d’Aral

  1. Deplanques Michel says:

    quel beau parcours merci de nous faire connaitre toute cette region

  2. François says:

    Magnifiques images ! Ça vous a récompensés après les péripéties ferroviaires…

    Je n’ai pas eu le droit de voir la vidéo, elle est marquée « vidéo privée » (ils ne savent pas que je suis de la famille !).

    Est-ce que vous allez passer au lac Karakul ? Ça a l’air cool…

    • Matthieu says:

      Oups, merci pour l’info, j avais oublie de la rendre publique ! Ca devrait etre bon, maintenant :p

      On va bien passer a Karakul, qui a l’air tres « kul » en effet, puis plus tard a Song-kol on espere !

  3. Myriouf says:

    super ! j’avais remarqué sur les photos qu’il y avait de « vrais » chameaux, ça se fait rare parait-il… belle expérience qui fait oublier le train (même si une mer asséchée, en soi, ça fait peur sur la bêtise humaine…) Avez-vous retrouvé une pompe et des phares?

    • Matthieu says:

      On a racheté le principal dans un petit bazar ouzbek : pompe et clés allen (on s’est aussi fait voler le multi-outil a 50 euros…), mais tant pis pour les lampes, on utilise les frontales.

  4. Sophie says:

    Salut les bourlingueurs!
    Merci pour ces nouvelles régulières, je prends toujours autant de plaisir à vous lire.
    Et va bientôt falloir décaler vers l’Est votre carte de fond d’écran du blog, ça y est, la Caspian Sea et Aral Sea sont dépassées! Bises

  5. ananas says:

    Ah j’avais bien dit qu’il y avait chameaux ET dromadaires, hein B. ?

    Très beau tout ça ! Merci !

  6. Hujjo says:

    C’est toujours super de vous lire, malgré les couacs de cyclovoyage, les découvertes sont vraiment uniques ! Et je suis trop content de la vidéo, merci beaucoup !
    Ah au fait, j’ai rencontré un cyclovoyageur québecois en camp scout, je lui enverrai sûrement un mail avec votre blog !

  7. béné says:

    Les photos sont magnifiques, ca fait plaisir de vous voir en pleine forme. Quelle expérience incroyable…J’a toujours autant de plaisir à vous lire et je vous suis avec beaucoup d’enchantement.

  8. Brigitte Bernet says:

    waouh !!! vous n’allez jamais pouvoir revenir vivre ici. Le monde vous paraitra trop petit. Des millions de bravos pour ce que vous faites. C’est tout simplement grandiose. Et mille merci de nous en faire profiter. Gros bisou.
    ET une question : arrivez-vous à tisser des liens qui vont durer, ou bien toutes ces rencontres sont-elles totalement éphémères ? Celà vous satisfait-il, au niveau relationel ?
    Brigitte

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