Coup dur au Kazakhstan

La matinee est deja bien entamee quand on enfourche nos velos  pour rejoindre le centre ville. Programme soutenu avant de quitter nos compères : trouver des Tenge, reserver les billets de trains, satisfaire les estomacs, mais surtout… finir notre partie de belote ! (Bravo a as de trefle ;) L interruption soudaine et involontaire nous aura défavorises, et permis a nos maitres de garder leur dignite.  On se quitte non sans mal, en espérant que nos chemins se croiseront de nouveau (pour prendre la revanche !).
Premieres impressions en arrivant de l autre cote le la Caspienne : pas de difference vestimentaire notable, debardeurs et minijupes sont toujours d usage. Par contre, tous les yeux sont brides, je ne m y attendais pas, nous voila cette fois reellement en Asie ! Les voitures s arretent des qu on approche les passages pietons. Non, c est pour nous qu ils s arretent la ? on met longtemps a s en rendre compte, faut dire qu apres une semaine a Baku, on avait un peu oublie que ca pouvait encore servir a quelque chose ces zebrures. Et quand on quitte la ville pour trouver un endroit ou mettre la tente, des jeunes a velo nous guident vers les steppes, a travers des petites rues entre les immeubles plutot que sur le gros boulevard, en veillant bien a notre securite a chaque traversee. Premieres impressions plutot agreables donc, apres les fous furieux du volant en Azerbaidjan. On plante la tente dans la steppe, apres dix km  d urbanisation.

Depart a l aube, on arrive largement en avance a la gare, pour limiter nos angoisses. Mais notre train arrive seulement 20 minutes avant l heure du depart. 20 minutes, ca pourrait paraitre long…. mais je vous assure que ces vingt minutes la etaient bien courtes ! Le train arrive, notre wagon est le dernier, en bout de quai (et le train est tres tres long). On file. Arrives devant la bonne voiture, organisation nickelle, toutes nos sacoches sont defaites en moins de deux minutes, plus qu a attendre qu tout le monde monte. Quand arrive enfin notre tour, les controleurs nous indiquent tout sourire, qu on ne peut pas monter les velos, qu il faut les mener au wagon bagages a l autre bout du train. Comment ca un wagon bagage, les autres (francais en tandem pino, croises au port) avaient pu mettre leur tandem dans le couloir  ? On n a pas le temps d aller jusque la bas, mais vous inquietez pas, ca va rentrer. Non c est non, pas les velos ici. Grrr…. ils auraient pas pu nous le dire plutot non, ils vont pas nous faire croire qu ils nous avaient pas vus ? On se demonte pas, et on remonte toutes les sacoches. Je prends pas le temps de remettre mon mat, tant pis, il ne nous suivra pas en Asie. On court jusqu a l avant du train slalomant entre tous les passagers. Notre bidon de 5L d eau tombe et se perce, 10h de train dans le desert nous attendent, mais tant pis, faut qu on arrive a monter dans ce fichu train. (On n a pris qu un visa de transit, on a donc pas franchement le choix)

On arrive a bout de souffle au premier wagon. Wagon de la poste semble-t-il, pas un wagon bagages. Qu importe, il doit bien y avoir une petite place pour nos velos. Une grosse dame bloque l entree en grognant que c est le wagon poste et non bagages, et qu il nest pas question de monter les velos ici. On a beau lui expliquer que les controleurs nous ont dit de les mettre ici, qu ils veulent pas qu on les prenne avec nous, qu il doit bien y avoir une petite place… elle ne veut rien avoir, et ne decolle pas ses fesses de l entree. Meme pas moyen de forcer, donc…

On remonte sur nos velos, en s excitant a fond sur la sonnette pour degager les passants. On s arrete quand meme a chaque voiture, dans l espoir de trouver un controleur plus conciliant qui nous laisserait monter nos velos. Rien y fait, tous nous renvoient sans pitie a notre wagon. Bien decides a faire du forcing. on re-detaches toutes les sacoches, et Matthieu les monte dans le wagon, sans se soucier des niet du controleur. Maintenant les velos, j essaye de les avancer, mais le controleur me bloque lacces par sa grosse bedaine, et commence a raler que je lui ai sali sa chemise (manquait plus que ca tiens). Pendant ce temps, un autre type arrive et entasse des sacs enormes de draps sur nos bagages… Le train part dans une minute, nous sommes sur le quai sans pouvoir entrer, et nos bagages sont ensevelies sous une montagne de sacs de draps… Quitte a louper le train, on va essayer de ne pas perdre nos bagages, on se debrouille donc tant bien que mal a redescendre toutes les sacoches. Je craque, j implore l aide des passagers… Tout le monde me regarde en rigolant…  Finalement, une dame se montre compatissante et nous dit de venir avec elle jusqu au premier wagon. Je doute fort qu on ait le temps d y arriver avant le depart du train, et doute encore plus qu ils retardent le depart pour nous, mais bon, on n a plus rien a perdre. Alors on raccroche au plus vite toutes les sacoches et partons. A peine faits dix metres, que le controleur nous rappelle et nous dit de monter avec les velos. Et bistra bistra, le train part.  Completement extenues, on remonte donc toutes les sacoches (les gros sacs de draps sont redescendus du train entre temps, c etait quoi ce gag ?), puis les velos. A peine le deuxieme velo de monte que le train demarre, en retard sur son horraire evidemment.

Mais les peripeties ne sarretent pas la. Une fois la porte du wagon ferme, le controleur nous aboie qu on a 5 minutes pour apporter les velos de lautre cote du wagon, dans le couloir non utilise, sinon il jette les velos dehors. Matthieu fait mine de ne pas comprendre, mais ca na pas lair de marcher. Le controleur de demord pas. On pose donc toutes les sacoches sur un lit libre, et passons les velos un par un, dans ce couloir etroit, a coup de Извините пожалуйста pour faire lever les pieds des passagers. Pas un sourire de compassion, seulement des rires et discussions hilares. Le premier velo arrive a bon port, on s attaque au deuxieme. Un homme nous demande de virer nos bagages pour lui libere son lit, j essaye de garder mon calme, et lui explique qu on le fera dans 5 minutes, le temps de ranger l autre velo (merci encore pour sa comprehension). Enfin, les velos sont cales, les bagages sont ranges, on essaye donc tant bien que mal de se trouver une petite palce pour s asseoir, et la encore ce n est pas gagne !

Apres toutes ces emotions, et malgre la chaleur etouffante, on essaye quand meme de profiter du voyage, de l ambiance, et des paysages fantastiques.

Tout ca n aurait pu etre qu un mauvais moment a passer. Helas la descente ne savere pas mieux. Le controleur refuse qu on apporte les velos en avance. On attend donc sagement, que tout le monde descende, pour descendre nos velos. Je descends et receptionne, au milieu d une foule qui se bouscule pour monter (on n avait pas pense a ca…). Un velo. Puis le deuxieme. Le temps de les poser derriere le monde, que la foule s est ressere devant la porte. J essaye de me frayer un passage pour receptionner les sacoches. Une deux, je pose. Je reviens, je n arrive plus a avancer jusqu a la porte. Matthieu me lance les suivantes. Trois, quatre. L ecart entre nous s allonge, il jette plus fort. 5, 6, 7. Et tant pis si tu te le prends sur la tete. Plus que deux et on est bon. Mais les passagers n en peuvent plus d attendre, ils forcent le passage. Je vois Matthieu marcher sur des epaules pour reussir a sortir. 9,10. Ouf le compte est bon. Je jette un oeil sur les velos, tout a l air en place. Merde, il manque la pompe. Elle a du tomber. Matthieu regarde le train, il va partir, pas le temps de retourner voir. Tant pis… Ca aurait pu etre pire. On installe les sacoches, on s allume. Et merde, mon feu avant. Je jette un oeil sur le velo de Matthieu, et remerde…. la pompe n avait pas du tomber toute seule. On arrive dans une ville kazakh au milieu de rien, on n a plus de pompe, il fait nuit, on n a plus de feu avant, les piles de nos frontales sont vides (faut dire que ca fait bien longtemps qu elles n avaient pas servies)… On est tellement abasourdi, qu on n arrive plus a rien dire, plus a rien faire, pas meme a pleurer. Une marchande nous demande de s ecarter, on va lui faire perdre des clients. On contourne donc la gare, et se pose par terre, au milieu des debris de verres, le temps de retrouver nos esprits.

4 Responses to Coup dur au Kazakhstan

  1. ananas says:

    Eh bien voilà ! Le suspens du centre-ville est levé !!! :))

    La suite est beaucoup moins drôle…moment éprouvant ! Mais vous avez été tenaces et vous avez réussi : j’admire…un grand bravo !!!

  2. As de trèfle says:

    la réponse était dans les photos ;)

  3. Myriouf says:

    effectivement, sacrée histoire ! le genre pas drôle du tout sur le coup, qui j’espère vous fera rire dans quelques temps… anecdote à raconter sur des générations… et mauvais coup de pub pour les kazakhs !

  4. Deplanques Michel says:

    Bon le principal est d etre sain et sauf , de garder le moral en se disant ,vu la situation que cela aurait pu etre pire Allez bon courage

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